Billêt

Mercredi 16 avril 2008 3 16 /04 /Avr /2008 00:48
Remerciements à tous ceux qui m'ont envoyé des bonnes ondes ce mardi : ça a servi !

Le Café de la Gare perdure (même s'il fermera deux mois bientôt pour travaux) et ma nouvelle pièce est toujours programmée pour fin octobre ! Et à la manière de La Partenaire de l'Inspecteur Murdock, l'affiche devrait plaire aux fans de comics qui fréquentent ces pages ! Les paris sont ouverts !

Bonne nuit à tous... j'en connais un qui va bien dormir, en tout cas.

(Image Copyright re-Internet)
Par Jérémy Manesse - Publié dans : Billêt
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Mardi 15 avril 2008 2 15 /04 /Avr /2008 11:51
Hello à tous,

plus d'une semaine depuis la dernière mise à jour, et c'est parce que j'ai été très mobilisé cette semaine sur des problèmes assez graves.

J'ai besoin cet après-midi (vers 16h30) de toutes les énergies positives disponibles, alors pensez à moi très fort. Je ne peux malheureusement pas en dire beaucoup plus, et à vrai dire je ne pourrai entièrement et clairement en parler que si la réunion de cet après-midi se passe mal, mais je peux quand même vous dire qu'il ne s'agit pas de ma santé. Je vais très bien, tite chérie va bien, tout le monde va physiquement bien.

C'est juste l'avenir du Café de la Gare, le théâtre où j'ai grandi et qui fête ses quarante ans l'année prochaine, qui est menacé. J'espère qu'on s'inquiète pour rien, j'espère que nous serons soulagés ce soir et que très vite, je pourrai poster un nouvel article avec des blagues, vous parler des chouettes choses qui se préparent autour de ma prochaine pièce et oublier très vite cet épisode... Mais d'ici là, s'il y a une forme d'énergie "divine" à laquelle je crois, c'est celle qui naît de la conjugaison de nos esprits. Alors dites-moi merde. 16h30.

(Image Copyright, euh, Internet)
Par Jérémy Manesse - Publié dans : Billêt
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Samedi 22 mars 2008 6 22 /03 /Mars /2008 19:31
Je reviens à l'instant de Loire-Atlantique, où tite chérie et moi venons de passer deux jours, pour notre quatrième anniversaire de bisous. On a logé dans le grand Château de la Gressière à la Bernerie en Retz, près de Pornic. Oui, on fait plus romantique comme nom pour un anniversaire de bisous, mais qu'importe l'ivresse tant qu'on a de la bouteille... ou quelque chose du genre.

Or donc, plan très sympa, un plan Marionnaud qui nous avait été offert par belle-maman : on a les deux jours d'hôtel gratos du moment qu'on s'éclate la panse au resto. Moi, je dis : ça me va, comme marché. Là où tout s'est très bien goupillé pour nous, c'est d'abord que l'hôtel venait de réouvrir après travaux, nous étions donc les premiers clients à débarquer... et comme on a le bon goût d'avoir une profession qui nous permet de prendre des vacances à contre-courant de tout le monde, on est arrivés avant la masse du week-end pascal. Résultat : on a eu la plus belle chambre de l'hôtel avec vue sur la mer et tout.

Encore mieux, les gens de l'hôtel, très gentils soit dit en passant, n'avaient pas pu finir de remettre la cuisine en état à temps. On a donc mangé en ville le premier jour et le plan Marionnaud est du coup devenu encore plus intéressant, puisque nous n'avons eu à nous sur-bâfrer qu'un soir. (Et pour se bâfrer, on s'est bâfrés... Recueil d'entrées ultra-festives, méga-vins choisis tout exprès pour aller avec les plats, deux plats à tomber par terre... miam).

Le deuxième jour, nous sommes allés visiter Pornic, situé à un peu moins de dix kilomètres à pied de la Bernerie. À noter que le TER de la région est assez classe, avec des grandes vitres, et que je veux le même chez moi. Comme toujours quand on voyage, le micro-climat des ti-chéris a fait son oeuvre et on a eu un temps assez magnifique, on a donc fait une longue balade le long de la côté pour revenir chez nous. Tite chérie a photographié à peu près toutes les cabanes de pêcheurs qu'on a croisées (je vous recommande d'éviter la séance de diapos) et on est arrivés à l'hôtel trois heures plus tard, un peu vannés quand même mais en parfaite condition pour s'éclater la panse comme décrit au paragraphe précédent.

Et puis voilà, on est rentrés aujourd'hui, tite chérie a lu le volume 3 de Preacher dans le train, moi j'ai enfin fini par lire Nextwave dont la crétinerie m'a réjoui au plus haut point. J'ai la balade d'hier dans les cannes. Pas sûr que je fasse très long feu ce soir. Eh, on n'a plus vingt ans.

Et je profite donc de ce quatrième anniversaire pour crier bien fort mon amour à ma tite chérie que j'aime comme au premier jour, voire davantage. Eh ouais, c'est mon blog, après tout, je fais ce que je veux.

(Image Copyright ti-chéris)
Par Jérémy Manesse - Publié dans : Billêt
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Lundi 10 mars 2008 1 10 /03 /Mars /2008 13:27
undefined Ouh, la tempête est en train de bien commencer à souffler près de chez moi, j'espère que ça va pas me couper le courant  ou d'autres contrariétés du genre. Je suis tout seul à la maison avec mon chat, tite chérie est partie une semaine au ski, je suis tout esseulé. En même temps, j'ai plein de boulot. Sur lequel je n'ai pas du tout avancé hier soir vu que je zappais de chaîne en chaîne pour regarder les émissions électorales. La meilleure chaîne pour être agacé était sans doute TF1 (normal), entre les multiples excuses de PPDA auprès des gros partis dès qu'il donnait la parole aux représentants des petites listes, et la rage méprisante et monomaniaque, à peine contenue, de Rachida Dati (et qui n'allait pas du tout avec sa robe de bal, en plus). C'était aussi assez rigolo de regarder France 2, où les techniciens étaient en grève mais ont accepté d'assurer le bon déroulement de l'émission, ce qui leur a valu des remerciements des présentateurs, un sourire plutôt jubilatoire de Besancenot et des mines un peu gênées de Woerth et Albanel, représentants du gouvernement. La bonne humeur contagieuse de Marielle de Sarnez valait le détour aussi. On aurait dit qu'elle avait reçu le César du Meilleur Espoir. Je l'aime bien, elle est rigolote. Puis je suis resté sur LCI pour le "politiquement show", souvent assez réjouissant.

Je sais pas comment c'est chez vous, mais à Paris, il y a quelque chose qui m'a frappé dans les programmes électoraux de la liste Delanoé, et c'est l'aspect étonnamment complet du programme. On a plus tellement l'habitude de ça en politique. Les fameux "enjeux locaux" que l'UMP a vite fait de mettre en avant hier soir rendent à mon sens l'élection municipale bien plus... réelle, concrète qu'une législative, voire une présidentielle. Tite chérie vote dans le 11e, par exemple, et le tract (même si là, on pourrait plutôt parler de livret) de Patrick Bloche contient carrément une carte de l'arrondissement, numérotée, situant toutes les propositions faites en exergue. Avec carrément une image de ce que pourrait donner la place de la République après travaux. Je savais vraiment pourquoi je votais, quoi. (Bon, et puis il faut bien dire que - qu'on aime ou qu'on n'aime pas les couloirs de bus - la mandature de Delanoé a été assez riche en expériences, ce qui nous a fait se demander où passait l'argent lors des ères Tibéri et Chirac. Oui, je sais qu'on sait, mais bon.) C'te taule, pour Panafieu, quand même.

Après, ça m'a bien fait marrer de voir l'UMP mettre ce "glissement à gauche" sur le compte des sondages (il y en aura toujours qui mettront en cause les sondages, hein) qui prédisaient une telle vague rose que ça valait même pas le coup d'aller voter. Le raisonnement inverse est tout autant valable : si la vague n'est pas celle annoncée, c'est sans doute aussi (comme je le prédisais il y a pas longtemps, d'ailleurs) qu'une partie des modérés de gauche s'est dit que c'était plié et que ça valait pas la peine d'y aller. Je pense qu'il y a encore un gros réservoir de voix à gauche pour le deuxième tour, il y a un coup à jouer pour accentuer le glissement. Et par ailleurs, je suis bien content de voir le Modem prendre une réelle place de poil à gratter. C'est quand même mieux que quand c'était Le Pen. De mon côté, faudra que je retourne voter dimanche, dans le 4e, Bertinotti n'a eu que 48% des voix (hi hi). Tite chérie, qui n'a pas voté, n'aura par contre pas besoin d'y aller, puisque c'est plié dans le 11e. Non, c'est Marseille qui risque de faire la joie des amateurs de suspense dimanche prochain.

(Image Copyright je sais pas. Oui, je sais que ça n'a rien à voir avec nos élections, mais elle est marrante, non ?)

P.S. : Ah oui, une tite page de pub quand même... je destocke un peu mes comics Marvel VO... vous pouvez jeter un oeil aux trois lots que j'ai mis sur eBay en cliquant sur le lien dédié en bas à droite.
Par Jérémy Manesse - Publié dans : Billêt
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Mardi 19 février 2008 2 19 /02 /Fév /2008 16:45
undefined Sur le forum de Panini, il y a pas longtemps, il y a eu un commentaire qui m'a fait réagir par je ne sais plus quelle pique désabusée (du type "putain, je me sens vieux"). Le commentaire était de l'ordre du "c'est quand même inadmissible, l'album sort dans six mois et on n'a aucune information dessus !". Et moi de me souvenir de l'époque où on avait, au mieux, une vision à trois mois de ce qui allait sortir en VF comme comics. Est-ce qu'on était beaucoup plus malheureux ? Est-ce qu'on était pas, même, un peu plus impatients d'avoir entre les mains des BDs dont nous n'avions pas déjà découvert par avance tous les détails sur Internet ? Et pareil pour le cinéma, d'ailleurs.

L'exigence d'une information la plus rapide et la plus claire possible pourrit un peu l'atmosphère, je trouve. D'abord, parce que l'info n'a pas toujours à être claire, binaire, oui / non. Ensuite, parce que la priorité donnée à l'info la plus facile à trouver nuit au journalisme d'investigation (qui, même quand il a lieu, est souvent ensuite résumé à son expression la plus "commerciale" par les confrères). Les rumeurs internautes deviennent scoops exclusifs, les magazines d'information font jeu égal avec la presse people.

J'aimerais qu'on m'explique ce qui a changé depuis les années Clinton, où on se foutait de la gueule des américains parce qu'ils vilipendaient leur président pour ses frasques extraconjugales, où Hugh Grant était obligé de s'excuser publiquement d'être allé aux putes. J'aimerais savoir en quoi je devrais avoir quoi que ce soit à secouer de la vie sexuelle de Sarkozy. Oui, son histoire de texto est assez péteuse, mais je trouve largement aussi minable que le Nouvel Obs se retrouve à sortir un scoop digne de Voici. Je les plaçais au-dessus de ça. Alors, oui, je sais, c'est pas le journal, c'est le blog... M'en fous. Il me paraît normal que la ligne éditoriale du journal soit aussi celle du site Internet.
Oui, je sais aussi que c'est bien fait pour la gueule de Berluskozy, qui l'a bien cherché en se surmédiatisant, patati, patata. Je veux juste dire que c'est assez dangereux pour ses adversaires de se ruer dans la brèche pour se féliciter de la chute du Président dans les sondages et proclamer, déjà, qu'il est fini. D'une part, parce que je ne trouve pas suffisant pour enterrer un homme politique de condamner le fait qu'il se prenne pour une star de cinéma. D'autre part parce que si Sarkozy baisse, Fillon, lui, monte. C'est pas la politique de Sarkozy que les gens condamnent. Son espèce de roman-photo permanent est peut-être bien l'écran de fumée politique le plus réussi de ces dernières années. Le texto de Sarkozy a pris la une de l'actualité toute la semaine dernière, reléguant au second plan la grève des aéroports et le Kosovo qu'est en train de nous refaire une guerre civile. Trop compliqué, tout ça. "Cé6lia, je te kif toujour", c'est mieux, comme info.
Résultat, on est en train de nous vendre un scénario des municipales où la vague PS écrase tout sur son passage... moi, je suis pas bien sûr. Les guignolades du Président donnent par contraste un air de sérieux et de professionnalisme à son gouvernement, et je ne me souviens pas d'un Premier Ministre qui ait gardé une aussi bonne cote au bout d'un an de mandat depuis bien longtemps. Peuple de gauche, je crois pas que ce soit le bon moment pour oublier d'aller voter en pensant que c'est plié.

Alors permettez-moi de douter du fameux "les médias se sont retournés contre l'animal Sarkozy". Ils continuent de jouer avec les cartes qu'il distribue, comme il l'entend, point barre. Ils ont juste l'impression de s'être rachetés une conduite. On est toujours dans l'info qui fait l'info.

Et c'est là où je voulais en venir, parce que, évidemment, il n'y a pas que nous qui allons vite en besogne, on peut toujours compter sur les américains pour vendre la peau de l'ours avant qu'il se soit fait lyncher. Il y a deux sujets que j'ai plusieurs fois abordés dans ces pages et qui ont trouvé récemment une issue : la grève des scénaristes hollywoodiens et la guerre Blu-Ray / HD-DVD. Dans les deux cas, ça fait un moment que le résultat final est publiée sur Internet (et rapporté ici via mes chers commentateurs). Je n'en ai rien dit jusque là, tout simplement parce que j'étais un peu atterré.

Premier point : la grève. "La grève est finie". J'ai lu ça partout. Le patron de Disney est allée le raconter à tout le monde au SuperBowl. Tous les journaux télévisés français s'en sont fait l'écho. Alors que le vote pour la reprise du travail n'avait pas eu lieu. Oui, le syndicat avait appelé ses membres à accepter l'offre du syndicat des producteurs. Mais vous imaginez, sur une grève française, si on annonçait aux infos la fin d'une grève avant le vote des cheminots ? C'est un coup à repartir de plus belle, normalement. Une info qui était fausse a fait le tour de la planète. Peu importe qu'elle soit devenue vraie quarante-huit heures plus tard : l'info a fait l'info, les journalistes ont décidé pour les scénaristes ce qu'ils allaient voter.
Et en passant, si des progrès ont été faits et malgré ce qu'on raconte, le deal final est loin d'être aussi satisfaisant que l'espérait la majorité des scénaristes. Mais c'est Mark Verheiden (scénariste / producteur de Battlestar Galactica) qui a très bien résumé la situation : on était à une période charnière où si le travail reprenait, on pouvait se remettre à tourner des épisodes de série et sauver la cérémonie des Oscar. Après quoi, le syndicat des scénaristes aurait perdu tous ses moyens de pression, puisque la saison aurait été de toute façon foutue, et n'aurait plus eu qu'à faire une grève dans le vide pendant quatre mois, le couteau sous la gorge, jusqu'à la grève des acteurs, en juin. Il a été jugé que le jeu n'en valait pas la chandelle. 
Mais n'hésitez pas à aller voir ici les commentaires d'Harlan Ellison sur la fin de la grève. C'est fleuri.

Deuxième point : la fin du HD-DVD. "Toshiba abandonne le HD-DVD". Pareil. L'info a été publiée partout. Elle a été relancée par Reuters. L'annonce officielle de Toshiba date de cette nuit. Cette nuit. Il me semble que, fut un temps, on aurait titré ce genre d'article par un "Toshiba pourrait abandonner le HD-DVD", ou au moins un "Toshiba abandonne le HD-DVD ?", avec le point d'interrogation. Il y a que moi que ça dérange, ce genre de truc ? Ce sera quoi, après ? "McCain est le nouveau président américain" deux jours avant le vote ?

En tout cas, maintenant que la chose est officielle, je peux bien m'exprimer dessus. Ca m'étonnerait beaucoup que Paramount et Universal s'accrochent, puisque Toshiba a carrément annoncé que d'ici mars, ils allaient enlever les lecteurs HD-DVD de la circulation. Le Blu-Ray a gagné, c'est clair. Et bon, tant mieux, sans doute, parce que les gens y pigeaient que dalle, à ces histoires. Il faut dire aussi que ça commençait à m'agacer de continuer à tomber régulièrement sur des disques buggés. Le dernier en date était Harry Potter 5 que j'ai dû échanger, et je dois dire que je n'ai jamais eu de problème de lecture de ce genre sur les Blu-Ray (bon, faut dire que j'en ai moins). C'est surtout l'interactivité du HD-DVD (et l'arrogance de Sony) qui m'avaient fait pencher pour le format "rouge", mais apparemment les nouveaux Blu-Ray vont enfin s'aligner. Et les lecteurs ont quand même perdu quelques centaines d'euros dans la bataille.
Est-ce que j'ai les glandes d'avoir commencé par parier sur le HD-DVD ? Du tout. Ca fait des mois que je m'éclate avec des films en haute définition, et j'ai quand même une bonne cinquantaine de disques qui pourront continuer de tourner sur mon lecteur.

(Update quasi-immédiat : Universal vient effectivement d'annoncer qu'ils allaient désormais faire des disques Blu-Ray. J'imagine mal Paramount rester tout seul sans machine...)

(Image Copyright Toshiba)
Par Jérémy Manesse - Publié dans : Billêt
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Lundi 4 février 2008 1 04 /02 /Fév /2008 14:55
undefined Un petit mot en passant pour vous signaler que je ne serai pas là de la semaine. Comme l'année dernière (deux fois, même), nous profitons de notre petit plan sympathique où nous échangeons une représentation d'un spectacle contre une semaine de ski.

Cette année, c'est avec ma pièce Harem Underground qu'on va là-bas. Il se trouve que la première fois qu'on l'avait montée, on n'avait pas eu l'occasion de l'emmener à Val-Cenis, c'est désormais chose faite. On loge encore aux très classieux Balcons de Val-Cenis, que je remercie au passage de nous filer chaque fois les méga-apparts avec baignoire-jacuzzi dans chaque chambre. Ouais, je sais, c'est dur, la vie d'intermittent...

Et pour les geeks qui traînent dans le coin : oui, il s'agit bien d'une doudoune Panini et des lunettes de Cyclope. Je kiffais trop mes lunettes de Cyclope, elles accentuaient tous les reliefs de la neige... ce qui n'était pas un mal vu que j'ai l'impression de skier de plus en plus mal d'année en année. Quoi qu'il en soit, les lunettes sont un peu ruinées, et j'ai changé de doudoune pour un truc un peu plus chaud. Mais j'ai toujours assez de barbe pour faire des stalactites. Et une tite chérie trop mignonne avec sa visière.

Bonne semaine à tous et toutes !

(Image Copyright Bibi)
Par Jérémy Manesse - Publié dans : Billêt
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Jeudi 24 janvier 2008 4 24 /01 /Jan /2008 11:36
undefined J'ai cette semaine dû mettre les plein gaz sur la traduction du prochain album d'Astro City, ceci expliquant ma relative absence du Net ces derniers temps... il y a des moments où si on coupe pas vraiment le câble, on n'arrive plus à avancer. J'ai donc tout un tas d'articles en prévision et les mises à jour devraient être nombreuses d'ici la semaine prochaine, maintenant que j'ai fini ma trad.

La mort de Heath Ledger à 28 ans, l'acteur de Brokeback Mountain et interprète du Joker dans le prochain Batman, est évidemment tragique. Le flou concernant les circonstances de la mort  oriente mes soupçons vers la dope, ce qui n'aurait hélas rien d'exceptionnel (les drogues dures font partie des choses contre lesquelles je suis irrémédiablement et vigoureusement opposé... ça peut paraître neuneu à dire, mais vu le cynisme qui peut teinter parfois mes propos - et le milieu dans lequel j'évolue - ça mérite toujours d'être précisé).
La présence de Michelle Williams, la femme de Ledger, au festival de Sundance pour faire la promo d'un film sur une femme qui perd son mari, est elle aussi assez tragique.
Mais il y autre chose de complètement déprimant dans tout ça, c'est que Ledger était en plein tournage de... The Imaginarium of Doctor Parnassius, le nouveau film de Terry Gilliam. Et si vous connaissez un tout petit peu la filmo du gars, il y a vraiment de quoi se jeter par la fenêtre (pour lui).
Bon, d'un côté, il y a eu ses batailles mythiques avec les gros studios, comme pour Brazil. Mais surtout, ses productions sont bien trop souvent plombées, voire coulées par des impondérables, comme le montrent les histoires sur le Baron Munchaüsen, le making-of de l'Armée des Douze Singes, et surtout le cauchemardesque Lost in la Mancha, qui raconte l'implosion (il y a pas d'autres mots) du tournage de son Don Quichotte. Un documentaire qui donne des sueurs froides à quiconque a un jour réalisé un film, ou a l'intention de le faire.
Je suis désolé pour Ledger, pour sa femme et son môme, mais je suis aussi profondément attristé par l'indécrottable déveine de Gilliam, qui a redonné tout son sens à l'expression "artiste maudit".

Sur une note plus joyeuse, vous ne vous souvenez sûrement pas que le 5 novembre, je vous parlais d'un jeune groupe qui monte, et dont j'ai entendu parler par le patron d'un restaurant où on va très souvent depuis des années, juste à côté du Café de la Gare, le Ciao. En effet, les fondateurs du groupe étaient son fils et la copine de son fils.
Ben j'ai découvert hier que le groupe cartonnait carrément, puisqu'il est en tête des ventes à la FNAC et sur Itunes. Le groupe, c'est "the D0" (et là, tout le monde dit "ah, ben bien sûr qu'on connaît"). Ce qui est rigolo, c'est qu'on avait entendu l'album qu'une fois fin octobre avec tite chérie, et qu'en retombant hier sur leur "tube", on a réalisé que ça faisait un mois qu'on l'entendait sans arrêt sur Ouï FM. L'album est vachement bien en tout cas, super varié, frais... et curieusement, ça me fait penser à Pink Floyd, même si j'aurais du mal à expliquer pourquoi.

Ah, et puis à propos de Ouï FM, et histoire de faire la boucle, je dois dire qu'il en faut beaucoup pour me choquer, mais que j'ai été proprement atterré par la violence des propos des animateurs à la suite de la mort de Carlos. Faire des blagues sur Carlos, je trouvais ça déjà super ringard depuis bien dix ans... maintenant qu'il est mort, je trouve ça carrément glauque.
Bon, il se trouve que j'ai mis une blague sur Carlos dans une page de l'Omnibus Silver Surfer qui sort en mai (j'ai traduit l'épisode parodique), mais c'est un vieil épisode, c'est normal que les références soient un peu ringardes. Et en l'occurrence, je vais peut-être demander une correction... ce sera encore un peu frais à mon goût, cette mort, en mai.

(Image Copyright ben c'est écrit sur la photo)
Par Jérémy Manesse - Publié dans : Billêt
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Mardi 1 janvier 2008 2 01 /01 /Jan /2008 19:46
undefined Part one, oui, parce que je consacrerai les deux prochains articles de ce Blog à théoriser sur 2008, concernant mes deux sujets de prédilection, théâtre et comics. Mais on commence par un petit échantillon des pensées qui m'ont traversé l'esprit en ces premières heures de 2008...

Alors, bonne année, déjà.  Ca, c'est fait. J'ai toujours eu une très faible capacité d'attention pour ce qui est de souhaiter la nouvelle année, en général passé le 2 j'ai déjà oublié le réflexe, alors que d'autres poussent jusqu'à mi-février, parfois.
Par contre, c'est la première année où je me fais engueuler, plusieurs fois, par des gens à qui je souhaite la bonne année la dernière fois que je les vois en 2007. Comme quoi ça porterait malheur, genre, de pas attendre le 1er janvier. On a vraiment besoin de s'inventer de nouvelles superstitions qui portent la poisse et qui transforment des conversations polies en champs de mines ? (Le plus stressant étant le fameux "faut pas croiser" quand on trinque).

Au passage, je vous remercie de suivre aussi assidûment ce blog et, apparemment, de plus en plus nombreux. Les outils de statistiques hyper-pointus d'Over-Blog avec des graphiques dans tous les sens m'expliquent en effet que décembre 2007 a été mon mois le plus fréquenté depuis la création de "On en est là...". Plus de 27000 pages vues et un peu moins de 5800 visiteurs uniques... Pas si mal, je me dis, et un bon début pour lancer la vague de surinformation la moins chère possible pour le lancement de ma prochaine pièce.

Bon, à part ça, il y a pas grand-chose de nouveau entre 2007 et 2008, à première vue. Les nouvelles sont aussi déprimantes qu'hier (Kénya, Buto, Burundi, attentats...) et les grosses boîtes mentent toujours de façon aussi éhontée. Ce qui m'a le plus fait marrer aujourd'hui, c'est Bouygues, SFR et Orange qui déclarent d'un commun accord que la période autour de minuit à été admirablement traitée pour que tous les SMS arrivent instantanément à leurs destinataires. Vous pousserez sans doute avec moi un "mwahaha" franc et massif. Je continue à recevoir des textos qui m'ont été envoyés hier soir, et celui que j'ai envoyé à mon grand frère lui est arrivé six fois.

Mais bon, il faut toujours démarrer l'année avec optimisime, et il y a un copain qui m'a dit hier soir que les numérologues annonçaient 2008 comme le début d'un nouveau cycle. Oui, parce que 2+0+0+8=10, 1+0=1. Apparemment, c'est pas trop dur, les études de numérologie. Mais c'est vrai qu'on aura des nouveautés intéressantes cette année, la plus importante selon moi étant le giclage inéluctable de Bush en fin d'année. Rien que ça, ça mérite de survivre une année de plus.

Et puis, la grosse nouveauté aujourd'hui, c'était quand même la loi anti-tabac qui entrait en vigueur. Ca a pas l'air comme ça, mais ça risque d'être un vrai gros changement si c'est effectivement appliqué. Et de ce qu'on a vu avec tite chérie aujourd'hui, c'est parti pour. On a pris notre premier déjeuner dans un resto à présent non-fumeur, qui l'était pourtant encore (fumeur) il y a pas une semaine, et là en tout cas, la tolérance supplémentaire de 24 heures n'a pas été appliquée, les serveurs étaient intraitables. Une seule nana a voulu allumer une clope, cela dit, mais elle s'est fait rembarrer direct. Faut dire que les menaces d'amende sur les patrons ont dû donner lieu à des instructions très strictes pour les serveurs. Dans les patelins où il y a qu'un bistrot, je dis pas, mais dans les grandes villes, je vois bien le truc être appliqué durablement.
Moi, mon opinion sur la question,  c'est que c'est toujours dommage de devoir en passer par une loi pour changer la mentalité, mais si ça rend Paris aussi respirable en intérieur que New York, je trouverai ça assez cool. Ce qui était étonnant aujourd'hui, c'était le retournement spectaculaire du rapport de "forces" entre fumeurs et non-fumeurs. En entrant dans le restaurant, tout le monde s'observait, avec inquiétude, amusement, perplexité, selon les cas, pour voir comment tout le monde vivait ça, et déjà ça me plaît quand les gens se regardent et font attention à l'attitude des autres. Ensuite, c'est vrai que jusqu'ici c'est toujours le non-fumeur qui était en position d'infériorité quand il voulait demander à quelqu'un d'éviter de fumer dans sa direction, par exemple... et ça, c'est parti pour définitivement changer. C'était ce qui m'avait frappé à New York, la façon dont la cigarette n'était plus un facteur de convivialité... en soirée, au cours d'une discussion, c'est celui qui voulait fumer sa clope qui s'éloignait du groupe.
Bon, je précise quand même que je suis non-fumeur (si c'est bien de cigarettes qu'on parle, hm), ce qui doit évidemment colorer mon appréciation de la chose, mais pour prendre l'exemple de tite chérie, elle a réussi à s'arrêter de fumer trois ans avant de reprendre à force de traîner avec des fumeurs  dans des bistrots. Là, elle est contente parce qu'elle croit plus à un arrêt définitif (sa trachéite actuelle aide, aussi). Et puis j'entends beaucoup de gens qui sont dans le même cas ou qui vont en profiter pour essayer d'arrêter pour la première fois. Vu le prix que devraient atteindre rapidement les cigarettes, ça paraît un bon calcul.
Moi, je dis, ce sera comme pour les couloirs de bus : on rale un peu, et pis au bout du compte on trouve que c'est pas une si mauvaise idée.

Sinon, quoi, cette année, j'essaierai de mettre moins mon argent dans des bêtises technologiques. Ca devrait être facile vu comme j'ai fait le plein en 2007, et surtout vu mes objectifs de lancement de pièce et de remboursement d'une partie de mon crédit immobilier. Bon, si, je pense quand même m'acheter une caméra dans un avenir très proche, mais c'est pour le boulot aussi, donc ça compte pas (sauf pour mon banquier). Je vous explique bientôt.

Et puis, tiens, finissons en parlant cinéma, avec un petit aperçu des films que j'attends de voir avec curiosité cette année : Cloverfield, le fameux film-mystère dont je vous avais parlé ici, There Will Be Blood d'Anderson et No Country For Old Men des frères Coen, qui semblent être les films énormes de l'année, Iron Man et Hulk, les premières productions Marvel chapeautées par Marvel (et aux castings plutôt sympathiques), Indiana Jones 4 pour le kif, Speed Racer parce que les frères Wachowski ont l'air de fumer des trucs intéressants, Wall-E, Dark Knight parce que c'est une super idée d'avoir envoyé le Joker chez le même paysagiste que Marylin Manson, Dragonball pour une espèce de curiosité un peu honteuse, le nouveau James Bond pour voir s'ils vont arriver à transformer l'essai de l'excellent Casino Royale, et sûrement plein de petits films beaucoup moins chers et tape-à-l'oeil dont on n'a pas encore entendu parler mais qui seront à ne pas louper. Et puis, pour ce qui est des films américains, faudra profiter de 2008. Si les grèves se prolongent, on aura peut-être pas beaucoup de films en 2009...

Et puis qui sait, c'est peut-être en 2008 qu'on saura qui du Blu-Ray ou du HD-DVD va mordre la poussière, et que vous autres les gens sains d'esprit pourrez à votre tour venir goûter aux joies de la haute déf.

(Image Copyright les artificiers d'Internet)
Par Jérémy Manesse - Publié dans : Billêt
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Lundi 24 décembre 2007 1 24 /12 /Déc /2007 13:35
undefined Noël, c'est un peu comme la Saint-Valentin, mais en plus pervers. À la Saint-Valentin, quand on n'a personne avec qui la fêter, on a envie de flinguer tout le monde, mais on sait pourquoi. À Noël, le jour de liesse obligatoire étant beaucoup plus... vaguement défini, dirons-nous (les commerçants ayant fait tout ce qu'ils pouvaient pour que ce soit "davantage" que la fête des enfants)... pas mal de gens ont le blues, sans trop savoir mettre le doigt sur les raisons.

Des raisons, il y en a plein. C'est la fin d'année, l'heure des bilans, tout ça. On est sommés de donner des preuves d'amour en mémoire d'événements bibliques dont on n'a pas grand-chose à faire dans certains cas (voire dont on doute de la véracité historique, pour les plus anti-religieux parmi nous)... et qui en tout cas n'ont jamais été pensés pour devenir cette monumentale machine à consommation. Quoique, ça demanderait enquête.
En ce moment, je vois tout un tas de gens qui dépriment, ou qui s'énervent, ou qui se fâchent pour rien, ou pour pas grand-chose. En tout cas, pour des trucs sur lesquels ils ne s'arrêteraient même pas pour réfléchir si on était, genre, le 12 juin. Ils craignent d'avance le réveillon glauque. Et puis la parano rôde. On se demande si les gens ne font pas des cadeaux pour compenser leur absence du reste de l'année. On se demande si nous-mêmes on ne fait pas la même chose. On se demande pourquoi on a envie de gifler les gens qui veulent absolument que leurs enfants croient au Père Noël au point d'imposer une humeur de conte de fée à tout le monde. Alors que c'est pas très grave, en fait. On se prend la tête, quoi.

En gros, la façon dont on vit Noël dépend en général de notre humeur du moment, de l'année qu'on a passée et du cynisme général qui nous habite. Mais quoi qu'il en soit (et surtout quand on habite dans une grande ville, je pense), il est de plus en plus difficile de vivre simplement Noël comme une occasion de faire la fête en famille, de faire plaisir aux gens qu'on aime, de s'empiffrer et de picoler un bon coup. Personnellement, je vis tout ça avec enthousiasme et bonheur, mais c'est un peu à l'image de ma vie telle qu'elle m'apparaît ces temps-ci. C'est triché, un peu.

Mais au reste, ceux pour qui cette semaine est un peu une corvée, je voudrais juste dire que ça n'est qu'un mauvais moment à passer. Souvenez-vous, c'était pareil l'an dernier, et finalement, vous avez survécu. Se dire ça, c'est le plus gros du travail de fait pour se détendre un peu et, qui sait, passer un bon moment. Et si cette année, Noël, c'est juste vous et les programmes de la télé, ben les bêtisiers, c'est fait pour ça. En tout cas, le 1er janvier, on sera passés à autre chose.
Il faudrait déplacer Noël à fin janvier, je pense. Non seulement parce qu'on pourrait faire nos courses de Noël pendant les Soldes, eh eh, mais surtout pour éviter d'avoir le poids de toute une année qui fait plier le sapin.

Et quand je parle des grandes villes, ça n'est pas par hasard. Je suis actuellement dans ma maison de semi-campagne, à nourrir mon chat avant de retourner jouer au théâtre (à Paris) ce soir, et il vient de m'arriver une de ces scènes qui rappellent ce que c'est censé être, Noël, en vrai.
Un petit gars vient de frapper à ma porte, un gamin du village, grelottant un peu (un blouson pour son Noël, ce serait pas mal, sans doute) et plein de cartes de voeux à la main. Je lui ouvre, il me propose une carte de voeux. Réflexe, je lui réponds que je suis pas sûr d'avoir de la monnaie. Il me dit : "Non non, mais c'est gratuit, c'est pour Noël". Et moi, je me sens un peu con, du coup. J'ouvre la carte, c'est un "Joyeux Noël" tout simple signé Boris et Laurène. Le gamin et sa soeur ont fait ça pendant le week-end et vont distribuer leurs cartes dans tout le village. Simplement.

Je leur dédie donc mon Noël, à Boris et Laurène. Parce qu'effectivement, fête obligatoire ou pas, quand on fait un cadeau, il y a pas besoin de raison, ou de contrepartie. Il y a juste besoin d'avoir envie de faire plaisir. C'est un slogan qui nous a été volé par les publicitaires, mais, eh, on les encule.

Joyeux Noël à tous !

(Image Copyright Columbia)
Par Jérémy Manesse - Publié dans : Billêt
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Lundi 19 novembre 2007 1 19 /11 /Nov /2007 14:14
greve.jpg J'emmerde les grévistes. J'emmerde le gouvernement. J'emmerde Berluskozy. J'emmerde ceux qui mettent toute la responsabilité de cette histoire sur l'un ou l'autre des deux "camps". J'emmerde les journalistes. Et puis, tiens, je vous emmerde aussi, parce qu'il y a pas de raison. Oui, je viens de finir de traduire le deuxième volume de Transmetropolitan. Ca se sent ?

J'emmerde le gouvernement, qui s'est reposé sur l'impopularité (actuelle) de la grève pour jouer le semi-pourrissement, en laissant venir la deuxième grève sans réagir, en assurant depuis le service minimum de "mais si, on veut bien discuter, bien sûr... merde, où j'ai mis mon stylo". Hollande, qui passait sur LCI hier et qui était très bien (malgré des journalistes de huit ans et demi qui étaient plus intéressés par leur jeu de chasse à la petite phrase qu'à écouter vraiment les réponses), mettait le doigt dessus. Si tout le monde est d'accord pour discuter, pourquoi on prévoit une discussion pour mercredi ? Ils ont vraiment quelque chose de plus important à faire cet après-midi ? Ils ont peur d'être coincés dans les bouchons ?

J'emmerde les extrêmistes de "la base", qui en sont toujours à réclamer le retrait pur et simple du projet, qui déjà, vu comme c'est parti, ne sera plus qu'un coup dans l'eau, du point de vue des économies réalisées. Surtout les quatre-cinq révolutionnaires, là, qui disent qu'ils veulent des votes démocratiques dans les AG et qui les ignorent royalement quand ça ne va pas dans leur sens (oui, je pense surtout au mouvement des étudiants, là - dont j'attends toujours que quelqu'un explique clairement quel est le problème - mais aussi aux grévistes qui empêchent les non-grévistes de bosser).

Par ailleurs, j'emmerde ceux qui refusent à Berluskozy la légitimité à faire les réformes qu'il a martelées pendant sa campagne (même quand elles me font chier). Ou alors, il faut qu'on arrête de réclamer la transparence en période de campagne à nos politiques, et qu'on les laisse faire des promesses comme ils font d'habitude. Et puis la moitié du salaire de nos enfants ira sur nos retraites et notre sécu, c'est pas très grave. Vu comme ils seront déjà remontés contre nous avec l'état de la planète qu'on leur laisse. Bien visé, l'année pour lancer les Vélib, cela dit. Mais j'emmerde les conducteurs de Vélib' qui sont jamais montés sur un vélo. S'il y a pas de mort à Paris avant la fin de la grève, on aura de la chance.

J'emmerde Berluskozy, qui attend bien sagement, ben, un peu partout sauf là où ça pète, laissant ses ministres-tampons se prendre tout dans la gueule, pour pouvoir, éventuellement, arriver à la fin de la grève en disant "I win !", ou, éventuellement, reculer complètement comme il l'a beaucoup fait depuis six mois (sauf quand il s'agit de faire des cadeaux aux riches, bien sûr). Je l'emmerde d'ailleurs quand il parle d'équité et qu'il arrose les riches de réductions d'impôts (oui, j'en fais partie, et alors ? On peut sortir des cases trois secondes ?) Je l'emmerde aussi de profiter d'une réforme mineure (du point de vue des économies réalisées encore une fois) pour aller à la baston avec les syndicats, les épuiser sur une grève impopulaire, et essuyer ses crampons de jogging sur leur gueule pour la suite.

J'emmerde les journalistes qui, quand ils ne font pas semblant de ne pas avoir de parti-pris (qu'est-ce que j'ai envie de gifler tous ces éditorialistes qui font leur tête de "ah mais non, moi je suis objectif, pourquoi ?"), ne font tout simplement par leur boulot. Le grand sport à la télé en ce moment, pour tous les intervenants quels qu'ils soient et sur tous les sujets, c'est d'affirmer des trucs faux comme une vérité indéniable. On avait déjà bien vu le truc pendant la campagne présidentielle, d'ailleurs. Apparemment, tout le monde s'est dit "puisque Royal et Sarkozy le font, pourquoi pas nous ?" et s'est engouffré dans la brêche. Dans ces cas-là, on se dit que ce serait au journaliste de corriger les faits. Mais non, apparemment, maintenant, un animateur de débat, c'est un G.O. Ils ne peuvent pas tout savoir ? Elle sert à quoi, alors leur oreillette, si elles peuvent pas leur permettre d'être reliés à des spécialistes, voire même à des types qui vérifient les trucs sur Internet ?

J'emmerde Mark Steven Johnson, parce que j'ai regardé Ghost Rider hier soir et c'est vraiment une grosse bouse. J'ai ri des fois, tellement c'est mauvais. Et puis j'ai pleuré en me souvenant que c'est ce mec qui tiens les rênes de l'adaptation de Preacher. Mais je m'égare.

Je re-emmerde le gouvernement, dont je suis prêt à parier que l'année prochaine, quand il s'agira de réformer tous les régimes de retraite, il se contentera d'allonger les durées de cotisation, ce qui n'est pas un problème en soi, mais sans s'attaquer au principal problème : que dans le privé, les patrons foutent les gens à la retraite dès 50 ans. Ca, je suis à peu près sûr qu'on va passer à côté du problème en sifflotant.

J'emmerde les organisateurs de la manif "anti-grève" de dimanche à Paris. J'aimais bien l'idée, j'y serais bien allé pour essayer de lancer des slogans débiles (genre "Sarkozy ! Grévistes ! Réglez-ça au ping-pong !", ou "On n'y est pour rien ! Qui va nourrir mon chien !") mais d'une part, je pouvais pas y aller (oui, parce que de Coulommiers à Paris, c'est zéro train, hein, va sans doute falloir que quelqu'un vienne me chercher mercredi pour que je puisse jouer) et d'autre part, je me méfiais un peu du côté bien de droite des organisateurs. Et ça a pas loupé, au vu des reportages, ceux qui étaient dans la manif étaient forcément pour le gouvernement. Comme si on pouvait pas être saoulé par les grèves mais bien autant par la racaille au pouvoir pour qui on n'a même pas voté. Là aussi, c'est très con. Je suis sûr qu'avec une manif apolitique et bon enfant, ils auraient donné vachement plus envie d'être à celle de dimanche prochain.
J'en profite aussi pour emmerder les gens qui font des slogans pas drôles en manif. Les manifs des magistrats, je les aime bien, elles sont marrantes, elles sont malignes, elles me séduisent. Bon, et pis c'est vrai que j'ai une dent contre Rachida Dati. J'emmerde Rachida Dati.

J'emmerde les grévistes qui, globalement, n'en ont quand même rien à foutre de notre gueule. J'ai eu deux sons de cloche à propos de la fameuse question : "vu qu'on vient d'avoir des négociations sur le droit de grève et le service minimum, comment ça se fait que le principe de la grève positive - où on bosse mais on ne fait pas payer les usagers - n'a pas été discuté ?". Ca paraît quand même être une évidence pour obtenir le soutien des gens sans leur mettre le couteau sous la gorge et leur serrer les couilles dans un étau (j'ai sans doute l'air de beaucoup exagérer, mais en parcourant les blogs internautes, je me rends compte que c'est pas facile de se rendre compte du cauchemar que c'est à Paris en ce moment quand on n'y habite pas). Bon, le gouvernement, on peut comprendre qu'il ait pas lancé l'idée. Mais les syndicats ? Ce que j'ai lu / vu / entendu de la réponse à cette question, c'est soit "Ah ben on n'y a pas pensé", soit "ah ben il y a un syndicat qui en a parlé mais le gouvernement a répondu que c'était pas légal". Curieusement, la première version sort de la bouche d'un syndicaliste, la seconde de celle d'un type du gouvernement (on aurait pu croire l'inverse, hein ?). Mais au mieux, on a donc un syndicat qui a essayé d'avancer l'idée. De ma fenêtre, c'est vraiment le signe très clair que c'est donc chacun pour sa gueule, et c'est pourquoi je pisse à la raie de tout le monde.

Parce que de notre côté (le théâtre), le bilan de la semaine, ça a été, sur quinze représentations tous spectacles confondus depuis le début de la grève : trois représentations annulées, huit se jouant devant une majorité d'invités rameutés pour l'occasion, et de deux à vingt spectateurs payants (sur une salle de 300), et les quatre qui restent de toute façon bien loin de ce qu'il faut pour que le spectacle soit viable financièrement. 
Nous, notre bateau, quand il prend l'eau, on peut pas écoper comme ça longtemps. Imaginons au pire que la grève se poursuive jusqu'à Noël, il nous faudra bien une ou deux années pour nous en remettre... et cela bien sûr sans budget pour monter de nouvelles pièces. Au mieux, tel que c'est parti, ça condamne à priori les chances de succès des deux spectacles dans lesquels je suis impliqué. L'un d'eux va sans doute s'arrêter dès la fin de l'année. Bien sûr, ce sera retour à la case Assedic pour tous les comédiens qui jouent dedans. Un intermittent a du mal à compatir quand un gréviste lui dit qu'il perd 70 euros par jour à faire la grève. Sauf quand c'est son tonton (coucou Alix !)
Mais bon, on s'en fout, chacun pour sa gueule, on a dit. C'est la méthode de gouvernement de Berluskozy. Et il est bien aidé par les grévistes. Et par les français en général. Les gens sont cons.

Ah, et puis au fait : je m'emmerde, moi, parce que je ferais mieux de bosser sur mes trads au lieu de râler.

(Image Copyright, euh, Internet)
Par Jérémy Manesse - Publié dans : Billêt
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