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Le Blog de Jérémy Manesse

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Publié par Jérémy Manesse

Netflix, Daredevil, la dématérialisation et moi

Sur certaines choses, je ne suis pas du tout matérialiste. Je ne suis pas très attaché aux lieux, par exemple. Ceux où j'ai vécu, ceux où j'ai grandi. Je sais que ça peut choquer concernant le Café de la Gare, surtout, et ça me ferait très certainement mal au cœur si ce théâtre devenait un jour quelque chose dont le fonctionnement me serait totalement étranger... mais m'en éloigner à plus ou moins long terme, construire quelque chose d'autre ailleurs... Rien n'est impossible, et je ne le vivrais sans doute pas mal.

Et quand je parle de matérialisme, je ne parle pas d'argent, qui me paraît au contraire quelque chose de très virtuel tant qu'il ne devient pas autre chose, que ce soit une maison, un projet artistique... ou une statuette géante d'Iron Man, je ne sais pas. Ça me semble toujours curieux qu'on parle des gens qui entassent l'argent comme matérialistes, parce qu'en tant que tel, l'argent n'est rien. Si demain les extraterrestres envahissent le monde et décident que la nouvelle monnaie est le grain de riz, ceux qui entassent l'argent seront comme des cons.

Pourtant, j'ai des étagères et des étagères de bandes dessinées, des rayons et des rayons de Blu-Rays, et tous ceux qui me connaissent un peu savent comme j'ai du mal à résister aux sirènes d'un nouveau gadget. Je ferai rire tout le monde si j'essaie de me faire passer comme un anti-matérialiste forcené.

Pourquoi je parle de ça ? Comme je l'indiquais dans mon précédent article, financièrement, 2014 n'a pas été mon année la plus facile. Bon, je ne ferai pleurer personne, hein, mes problèmes restent quand même plutôt des problèmes de riches, mais 2014 m'a envoyé le signal, sans doute bienvenu, que les choses pouvaient évoluer différemment très facilement, et très rapidement. Et depuis quelques mois, je me retrouve à vider un peu mes étagères de comics pour soutenir mes finances.

Bon, pour être franc, il faut le savoir quand on observe ce qui reste sur mes étagères. Mais je me suis aperçu que me débarrasser d'une partie de ma collection, pourtant acquise sur une très longue période et qui contient des albums qui sont importants pour moi, mais à laquelle je n'ai plus beaucoup de temps à consacrer, est beaucoup moins douloureux que je ne pensais. Je me retranche donc sur une bibliothèque "d'essentiels", dont font quand même partie tous les albums que j'ai traduits. Parce que je n'ai tout de même pas perdu tout sentimentalisme.

Pour ce qui est des films, j'ai toujours été un ardent défenseur du produit physique, et j'ai renouvelé mes collections en passant de la VHS au Laserdisc, au DVD, puis au Blu-Ray. C'est peut-être lié au fait que nous avons deux rayons entiers de films et de séries que nous n'avons pas encore pu regarder, mais j'ai fini par faire le raisonnement logique : Est-ce que ça vaut vraiment le coup d'acheter 20 euros ou plus un Blu-Ray qu'on va regarder une, maximum deux fois ? Sauf si ça fait partie de l'étagère de mon fils, bien sûr, auquel cas l'achat est laaaaargement rentabilisé. Ok, on aime bien regarder les bonus, mais est-ce qu'on aime bien les regarder à ce point.

J'ai donc fini par m'abonner à Netflix, le -ahem- 10 avril.

Alors oui, ok, je ne tromperai personne : Je l'aurais fait de toute façon, pour regarder la série exclusive Daredevil. Mais ça m'a conduit à réévaluer la pertinence d'avoir toute une collec de Blu-Rays qu'on n'ouvre jamais, plutôt qu'un abonnement à 8 euros par mois (je suis toujours dans mon mois gratuit, d'ailleurs) qui couvre une grande partie de la dite collection.

J'ai donc vendu sur eBay l'Intégrale de Lost et Prison Break en coffrets, deux séries disponibles sur Netflix... une goutte d'eau, là aussi, dans ma collection, mais leur vente finance d'ores et déjà une grosse année d'abonnement à Netflix.

Il faut dire aussi que mes habitudes de visionnage ont changé. Dans un appartement avec deux enfants et une seule chambre, beaucoup de travail et des projets à foison, les séances ciné du soir se font rares... et pour les séries, je m'aperçois que l'écran de l'iPhone 6 Plus (oui, voilà, pas matérialiste, faut le dire vite) est amplement suffisant. Pour l'instant, je n'ai pu regarder que les huit premiers épisodes de Daredevil, et ça s'est fait par à-coups, à la caisse du théâtre, au lit avant de me coucher... à des moments où je n'aurais pas pu me mettre devant la télé. J'ai aussi, enfin, commencé la saison 4 de Walking Dead.

Donc, je dématérialise... pour ce qui est des films et des séries. Pour la BD, je reste sur mon opinion de départ : Je n'arrive pas à lire des comics sur tablettes. Il me faut le papier. Et là aussi, il faut tempérer, car malgré tout, c'est sur mes écrans d'ordi que je lis la majorité des BDs : Celles que je traduis. Mais c'est du travail. Si je veux me poser pour lire une BD, je reviens au papier.

Un mot sur Daredevil, alors ? C'est génial, voilà. Il y a vraiment des héros qui se prêtent magistralement au format série télé, et le taf a carrément été fait au mieux sur celui-là. Les dialogues, l'interprétation, le casting sont au top, je trouve même pas mal de choses mieux traitées qu'elles ne l'ont jamais été dans les comics (ouuuh, sacrilège). Je viens de finir l'épisode consacré entièrement au Wilson Fisk de D'Onofrio, ce qui aurait été absolument impossible en format ciné, et j'adhère à mort. J'attends la suite, et les autres séries Netflix / Marvel, avec une grande impatience. Avec juste une pointe d'incertitude sur le concept Defenders (qui réunira les héros "urbains" comme Avengers l'a fait pour les héros ciné), parce qu'il faut trouver une trame qui rende intéressant de rester avec le groupe sur treize épisodes... mais franchement, à ce stade, Marvel a mérité toute ma confiance. Je n'en dis pas plus sur la série, sinon que vous pouvez foncer les yeux fermés (comme Daredevil, ah ah mais que je suis drôle).

Ah oui, et sinon : Non, je n'ai pas encore vu Age of Ultron. Pour vous dire que ma vie est chargée. Cette semaine, peut-être.

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