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Jeudi 23 novembre 2006 4 23 /11 /Nov /2006 20:42

Bon, il semble que les grands constructeurs aient décidé de choisir pour moi en foirant monumentalement le lancement des DVDs de nouvelle génération, ceux dont je vous parlais ici. Je vous avais annoncé le lancement des HD-DVDs et des Blu-Rays pour cette mi-novembre, et les premiers films sont bien apparus en magasin, avec des démos sur écrans plasmas à 10000 Euros à vous faire pleurer votre mère.

Le problème qui se pose est : Avec quoi les regarder ? Deux lecteurs Blu-Ray sont bel et bien disponibles, mais : Ils sont super chers (de 1300 à 1800 Euros selon les modèles), ils sont de première génération (c'est-à-dire qu'ils ne proposent que du HDMI 1.2 au lieu de 1.3, par exemple, ce dont je comprendrai que ça ne vous dise pas grand-chose, mais le fait est qu'avoir une machine de pointe à 1 brique déjà dépassée, c'est un peu les glandes) et les tests que j'ai lu par ci par là ne sont pas très flatteurs.

Vous me direz : "Tu t'en fous, toi, t'as choisi le camp du HD-DVD". Vous suivez ce que je vous raconte, c'est sympa. Mais le truc très drole qu'a fait Toshiba, constructeur des deux seuls lecteurs disponibles au lancement, c'est qu'il a repoussé leur sortie... à février ! Vous pouvez donc acheter des HD-DVDs pour Noël, mais vous ne pourrez pas les lire, à moins de vous choper une XBox360 et son lecteur HD qui sort à la fin du mois... mais qui ne propose carrément pas de prise HDMI, à ce que j'ai compris. Moi, je dis : C'est pas comme ça qu'on réussit le lancement d'un nouveau format qui a déjà de quoi décontenancer beaucoup de consommateurs lambda. En plus, on commence à entendre parler de lecteurs hybrides (qui pourraient lire les deux formats) pour dans quelques mois.

Tout ça est très très crétin, mais bon, ça a le mérite de me faire faire des économies pour Noël. Même si ça ne va pas m'empêcher de me prendre le projecteur Full HD dont je vous ai parlé en attendant. Oui, mon choix s'est finalement porté sur le Sony VPL-VW50, qui upscalera relativement bientôt mes DVDs en 1080p (je comprends à peine ce que j'écris) en attendant quelques mois que la situation HD-DVD / Blu-Ray se décante. Je suis une victime de la société de consommation, mais je me soigne. Un peu.

Voilà, c'était histoire de vous tenir au courant des soucis existentiels qui me taraudent en ce moment... Puisque ça ne fait pas un article bien long, je voudrais en profiter pour remercier les gens qui font de la pub pour ce Blog, qui commence à avoir pas mal de succès (et dont je connais la provenance de la majorité des utilisateurs, Big Brother is watching you) ! Merci donc, en vrac et entre autres, à Karibou qui a fait ma pub un peu partout et entre autres sur son Blog, à Odessa qui m'a elle aussi mis en lien, à Beurk (oui) qui a parlé de moi sur le forum de Mad Movies, aux gars de France-Comics, dont Soyouz (oui, je n'interviens pas sur ce forum, mais ça ne m'empêche pas de lurker à l'occasion), à l'annuaire Théâtre Contemporain qui m'a ajouté à sa liste, à Master qui m'as mis en lien sur son Blog et à tous ceux que j'oublie ou dont je n'ai pas connaissance. C'est cool !

(Image Copyright Toshiba)

Par Jérémy Manesse - Publié dans : Home-Cinema / Cinema
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Mardi 21 novembre 2006 2 21 /11 /Nov /2006 14:16

Et le vainqueur est... Christopher Nolan et son scénariste de frère. Ma tite chérie et moi sommes allés voir Le Prestige vendredi soir, et on est bien contents.

Bien contents d'être allés au cinéma, déjà. Un des premiers trucs qui changent quand on n'habite plus à Paris, c'est que chaque sortie théâtre ou cinéma devient une "sortie" au vrai sens du terme, à savoir un truc à organiser. En ce moment, nos semaines se découpent assez simplement : On est chez nous la semaine et à Paris le week-end pour jouer (il se trouve qu'on bosse tous les deux du vendredi au dimanche). Plus quelques allers-retours obligés dans la semaine.

Du coup, mes passages à Paris sont devenus des courses pour faire tout ce que je dois y faire en quelques jours seulement. Ca a un côté agréable - on n'a pas le temps de s'emmerder - mais point de vue cinéma, c'est un peu la tasse : Le dernier film qu'on était allé voir avant Le Prestige, c'était Miami Vice (le film de daube le mieux filmé du monde). Pour vous dire. Sans compter les séances qu'on se fait chez nous, bien sûr, qui sont plus nombreuses. (Ah, ma réflexion a évolué concernant la HD... Je vous en parle jeudi).

Enfin bref : Histoire de vous situer comment je me place en allant voir ce film, je devrais peut-être commencer par vous dire que Memento est un de mes films de chevet. Superbement écrit, construit, joué, réalisé... C'est un film que j'ai vu sept ou huit fois, dont deux fois dans le sens "chronologique" (disponible dans l'édition Collector du DVD et beaucoup plus intéressant à regarder qu'on pourrait l'imaginer au premier abord). Je pense avoir tout compris au film à la troisième vision (j'aime quand tous les éléments de réponse sont apportés mais ne sont pas exposés clairement... quand le spectateur doit bosser un peu, quoi). Ca fait partie des films que je peux me refaire n'importe quand.

Le Prestige a beaucoup de points communs avec Memento, ce qui peut être à la fois un bienfait ou un boulet. Je n'ai pas envie de voir un réalisateur faire deux fois le même film, et le risque était de faire quelque chose qui soit semblable mais inférieur.

En passant, cet article (non, je ne dirai pas de gros mots comme "critique") ne contiendra pas d'informations trop précises quant au contenu du film. C'est le genre de film où moins l'on en sait, mieux c'est. Si vous savez juste qu'il s'agit d'un film d'époque peignant la rivalité entre deux magiciens, très bien, n'allez pas chercher plus loin. Bravo en passant aux producteurs pour la bande-annonce, qui pour un coup ne raconte pas tout le film mais parvient à extraire suffisamment de sens pour intriguer.

Le premier point commun immédiatement visible entre les deux films de Nolan est le souci de la construction. Comme dans Memento, il faut quelque temps pour comprendre l'ordre dans lequel est raconté Le Prestige. Je sais qu'il y en a que ce genre de procédé agace - ma soeur, par exemple, a tendance à décrocher d'emblée si on ne lui explique pas dans quel ordre sont les scènes -, mais si l'on est patient, la récompense est à la hauteur de l'attente. Les deux films de Nolan sont comme un puzzle ou la dernière pièce posée serait celle du centre. Le "mystère" du Prestige est moins tordu que celui de Memento - on rentre chez soi avec toutes les clés - mais aussi satisfaisant.

A vrai dire, j'ai eu une longueur d'avance sur le film quant aux différents "coups de théâtre" dont il est truffé. Ca m'arrive assez souvent, à vrai dire, il est rare que je sois vraiment "soufflé" par un rebondissement. C'est le problème quand on écrit des pièces où l'on essaie de décortiquer les mécanismes des fausses pistes et des "pay-offs"... On a tendance à les détecter assez vite. Cela dit, je n'ai vraiment rassemblé toutes les pièces du puzzle que tard dans le film, suffisamment pour être malgré tout enthousiasmé, quelques détails m'ont vraiment pris de court, ma chérie n'a elle rien vu venir, et surtout, surtout : Comprendre le truc avant qu'on vous l'explique n'a ici que peu d'importance (contrairement à un truc comme Le Village, par exemple).

Car le vrai intérêt du film, c'est bien cette rivalité entre les deux magiciens incarnés par Hugh Jackman et Christian Bale (tous deux excellents). Il se trouve que je connais pas mal de magiciens, et il faut bien dire que c'est un milieu spécial. Même les plus sympathiques d'entre eux peuvent devenir de véritables chacals quand il s'agit de descendre un confrère. Et puis il y a cette notion du secret, de la mise en scène, du tour qu'il faut absolument trouver et qui révolutionnera le genre. Les magiciens sont des gens qui peuvent facilement se noyer dans leur art. Le film de Nolan décrit cela à merveille, poussant très, très loin la rivalité qui oppose les deux illusionnistes. C'est pour cela que les derniers instants du film demeurent forts même si on les a vus venir (et à vrai dire, il y a d'après moi une petite faute de goût sur la toute dernière image, qui amène comme un "gros coup" quelque chose qu'on a à priori forcément compris depuis cinq minutes). Beaucoup de films ont parlé de l'autodestruction qui peut venir avec l'art, mais pas par ce biais. Notre sympathie va tour à tour à chacun des magiciens, jusqu'à ce que...

Enfin voilà : Allez voir Le Prestige, vous ne le regretterez pas, je pense, surtout si vous aimez par dessus-tout une construction ciselée. Pour conclure, notons qu'il s'agit encore une fois d'une adaptation de comic (un Graphic Novel de Christopher Priest en l'occurrence) qui prouve que le médium propose bien davantage que des histoires de super-héros.

(Image Copyright Warner Bros)

Par Jérémy Manesse - Publié dans : Home-Cinema / Cinema
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Jeudi 9 novembre 2006 4 09 /11 /Nov /2006 21:47

Une chose que vous ne savez peut-être pas encore de moi, c'est que je suis accro aux gadgets, aux nouvelles technologies, enfin bref tous les trucs qui te donnent un sentiment de réussite sociale. J'ai un de ces téléphones portables qui font aussi machine à laver, j'avais un kit mains-libre à l'époque où ça faisait peur aux gens que tu croisais dans la rue, j'ai dépensé mon premier gros gros cachet quand j'avais 20 ans sur un projecteur tri-tubes (revendu depuis après une période de vaches maigres, ça fait partie des risques du métier) et j'essaie en général d'avoir trop de trucs à faire pour avoir le temps de me balader à la FNAC, parce que c'est jamais bon pour mon compte en banque.

Dans ces accès d'ultra-consumérisme, le cinéma a joué un grand rôle. Je suis passé par l'étape Laserdisc, j'ai même eu le temps d'avoir deux modèles de lecteurs avant que le DVD ne vienne exploser le format en vol, j'ai un home-cinéma, un rétroprojecteur (une grande télé, quoi) d'un mètre de diagonale, quelque chose comme 300 DVDs... Roh, ça va, me regardez pas comme ça, je fume pas. De nos jours, un DVD c'est deux paquets de clopes. Mais je m'égare.

Il n'aura sans doute pas échappé aux plus avertis d'entre vous - c'est-à-dire pas ceux qui se sont effondrés en larmes rien qu'en lisant le titre de cet article - qu'une nouvelle étape dans ce domaine est en train d'être franchie. Ca s'appelle la Haute Définition, et à priori ça va être à la SD (Simple Définition) ce que le DVD était à la VHS. Je précise aux dits plus avertis d'entre vous que je ne vais probablement rien leur apprendre dans la suite de cet article, mais que je veux bien de leur aide.

A la grande surprise de ceux qui me connaissent, je n'ai pas encore fait le pas vers la HD, à vrai dire, pour la bonne et simple raison que pour l'instant, la HD, ça a surtout été une belle enculade. On nous vend depuis un an des télés "HD Ready", qui ont surtout permis à ceux qui ont le plus de temps à perdre de regarder la Coupe du Monde avec une image sublime (une image sublime pour regarder Zidane jouer les hooligans, je vois pas trop l'intérêt, mais bon j'arrête tout de suite parce que sinon je vais m'égarer), alors que ces écrans proposent une "fausse" Haute Définition. La vraie Haute Définition (et attention, je risque d'utiliser dans la suite de cet article des termes qui risquent de faire repleurer ceux de tout à l'heure) fait 1920 pixels sur 1080, alors que la plupart des télés vendues jusqu'ici ne font que du 1080*780 (je dis de tête, hein, je me plante peut-être d'un ou deux pixels). Ca signifie que quand le successeur du DVD va arriver, d'ici une semaine (si si), toute la qualité d'image du nouveau format ne rentrera pas dans votre télé.

En gros, ça revient à ce qu'on vous serve une bière dans un verre à whisky. C'est un peu vache, même si avant vous aviez un dé à coudre. J'espère que vous êtes content de votre achat.

Maintenant, vous pouvez vous dire "ouah, il m'agace lui, de toute façon, je suis bien avec mon DVD... Quel nouveau format, d'abord ?" Là, ça se complique. En effet - et comme souvent dans ces cas-là, souvenez-vous du duel VHS / Betamax (moi je peux pas je suis trop jeune) -, les différents studios, boites, fabricants, enfin bref, ceux qu'ont du pognon n'ont pas été foutus de se mettre d'accord sur un format. La semaine prochaine, donc, débarquent le HD-DVD... et le Blu-Ray, qui vont très certainement me pousser à renouveler encore une fois toute ma vidéothèque.

C'est quoi, la différence ? Ah ah, mais pourquoi faire différent quand on peut faire pareil et paumer complètement les gens ? A part des petites différences de capacité et des trucs de ce genre, j'ai beaucoup de mal à l'heure qu'il est à voir une réelle distinction entre les deux formats. Si, le truc important à savoir, c'est que certains studios hollywoodiens ont "choisi leur camp", et que certains films ne sortiront donc - le temps que cette guéguerre à la con soit terminée - que sur un des deux formats. Evidemment, HD-DVD et Blu-Ray ne sont pas compatibles, ce qui signifie que si l'un des deux formats "perd", les acheteurs qui auront parié sur le mauvais format - des gogos dans mon genre - l'auront bien profond. A moins que les studios finissent par s'entendre sur un format hybride, on peut toujours rêver.

Autant j'ai attendu que les VRAIS diffuseurs HD soient disponibles - à moins de 10 milliards d'euros, tant qu'à faire - pour me laisser aller à une nouvelle vague de dépenses, autant je ne crois pas que j'aurai la patience d'attendre la fin du combat HD-DVD / Blu-Ray. Parce que c'est vrai que l'image de ces nouveaux formats tuent leurs mères. Sérieux. Est-ce que je vais acheter les deux lecteurs ? Non. Je crois que je vais me laisser tenter par le camp HD-DVD. D'abord parce que, de ce que j'en ai lu, les disques ont tendance à être de meilleure qualité que pour les premiers Blu-Ray (sentez-vous libres de me contredire si vous avez entendu le contraire, hein), ensuite parce que de ce que j'ai vu des plannings de parution, les exclusivités HD m'intéressent plus que les Blu-Ray. En exclu HD, je vois V pour Vendetta, Harry Potter 4, Excalibur... pour le Blu-Ray je vois Fantastic Four et Crazy Kung-Fu. Bon. Ca reste le tout début, il y a pas vraiment de quoi les départager, mais ça plus le fait que les critiques techniques que j'ai lues sont pour l'instant meilleures pour le HD-DVD...

Evidemment, reste le détail important que Sony (Blu-Ray) va faire un gros coup à la fin de l'année en sortant la Playstation 3, qui fera console de jeu ET lira les Blu-Ray. Mais bon, je sais pas pourquoi, je sens bien le HD-DVD, et pis je me dis qu'au pire, si je me suis vraiment planté, je pourrais prendre la PS3 un peu plus tard. C'est en tout cas un sujet sur lequel j'aimerais bien avoir l'opinion de ceux qui passent sur ce Blog... mais dépêchez-vous avant que je fasse des bêtises, en général ma période de réflexion n'est pas longue longue.

En parlant de ça, vous vous demandez sans doute ce que j'ai fini par choisir comme écran HD. Quand même pas le truc énorme qui est en photo en haut de l'article, si ? Ben, ça fait partie des possibilités. Ca, c'est le VPL-VW50 (à mes souhaits) de Sony, un des premiers vidéoprojecteurs Full HD relativement accessibles financièrement - je dis relativement parce que j'ai bien conscience que tout ça est quand même un truc de nanti - et ça me permettrait de revenir à la projection, que je préfère de toute façon à l'image LCD / Plasma, parce que ça fait plus cinéma. Mais j'ai vu que Sony faisait aussi un rétroprojecteur (une grosse télé, quoi) appelé le KDS-70R2000 (à mes amours), qui a aussi ses atouts. Et pis il y a pas besoin d'acheter un écran blanc en plus.

Je vous dis pas le prix de ces trucs, parce que j'ai un peu honte et que si ma tite chérie voit ça, elle va m'assommer à coups d'armoire. Mais si vous avez là aussi un avis sur la question, ou une expérience positive ou négative à partager, je suis tout ouïe. Je reparlerait sans doute de tout ça, de toute façon, à l'occasion de mes décisions finales, de mes premières projos / pizza, tout ça.

(Image Copyright Sony)

Par Jérémy Manesse - Publié dans : Home-Cinema / Cinema
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Dimanche 8 octobre 2006 7 08 /10 /Oct /2006 15:23

 Maïwenn Le Besco est un peu une emmerdeuse, comme fille.

Elle est du genre qui peut se braquer soudainement contre quelqu'un, pour une broutille qu'elle a décidé de trouver super grave - d'ailleurs elle m'a fait la tête un moment pour un truc de ce genre -, elle est très très sur elle et elle peut passer d'amoureuse transie à la rupture consommée en trois minutes. Ce que je n'ai par contre pas expérimenté, hein, histoire de pas faire naître des rumeurs à la con.

Ca peut donc laisser présager de ses qualités si je dis que c'est quelqu'un que j'aime beaucoup, vu ce que je viens de lui mettre dans la tête. Ca faisait un petit moment que je ne l'avais pas vue quand elle m'a invitée à la projection de son premier long-métrage.

Pour tout vous dire, au vu de l'affiche, j'étais un peu inquiet. J'ai rencontré Maï quand elle jouait au Café de la Gare un spectacle sur son enfance où elle réglait pas mal de comptes avec sa mère. C'était assez corsé, mais par quelque mystérieuse magie, sans doute celle du second degré et de l'autodérision, ça ne sombrait pas dans la psychanalyse en public. Ou alors à peine.

L'affiche de Pardonnez-Moi indique clairement qu'il s'agit du même genre d'exercice. J'ai un peu tiqué parce que j'aimerais bien voir Maïwenn raconter autre chose que sa vie, trouver des trucs qui l'intéressent, se libérer de son enfance. En gros, j'avais peur de ne voir que son one-woman-show en images et je trouvais l'exercice périlleux, risqué. J'avais peur de la redite. L'accroche "Pour se construire, il faut regarder son passé en face", tout droit sortie d'un gâteau chinois, n'aidait pas.

Le film est vachement, vachement bien. Maï a évité le piège énorme qu'elle s'est elle-même tendue grâce à une équipe de comédiens investis à 200% et à une conscience aigüe des défauts que j'ai cités plus tôt. Elle assume son égocentrisme mais s'en amuse aussi, le film est aussi drôle que touchant. Il prend la suite du one-woman-show en cela que le personnage de Violette (joué par Maïwenn, une indication claire qu'elle accentue la fiction par rapport à son spectacle), après avoir joué pendant un moment le dit spectacle où elle réglait ses comptes avec sa mère, s'aperçoit qu'il lui reste un gros dossier qu'elle n'a pas réglé avec son père. Elle décide de faire un documentaire sur sa famille histoire de crever tous les abcès... et il y en a un paquet. La mise en abyme fonctionne formidablement bien, dès lors qu'on ne cherche pas à démêler la réalité de la fiction, ce qui a ici peu d'intérêt. Maï évoque d'ailleurs cette frontière floue au détour d'une scène où son copain l'accuse de mythomanie.

Le film pêche-t-il par endroit ? Pas vraiment, même si je n'ai pas accroché avec l'utilisation de techno lors de certains passages. De plus, ce type d'exercice - où tous les comédiens sont en semi-impro - tombe inévitablement, par moment, dans le "un peu trop". J'entends par là que certaines transitions pour aller au thème suivant que Maï veut aborder sont un peu tirées par les cheveux et que les "crises" s'enchaînent parfois un peu trop ostensiblement au cours d'une même scène. Mais la justesse de tous les comédiens et la sincérité et l'honnêteté intellectuelle de Maï font pardonner les petits défauts d'un film qu'elle a auto-produit pour l'essentiel.

Je vous recommande vivement de goûter à ce film profondément original quand il sortira le 22 novembre 2006.

(Image copyright Maï Prod / Les Films du Kiosque)

Par Jérémy Manesse - Publié dans : Home-Cinema / Cinema
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- CYRANO M'ETAIT CONTE : de Sotha au Café de la Gare, tous les mardis à 20h30 ! Dernière le 22 mai ! À Avignon en juillet !
- AU CASTOR LABORIEUX : d'après Eugène Labiche, à Avignon en juillet !
- APHONE : de Jérémy Manesse au Café de la Gare, à partir d'octobre 2012 !

Comics à venir :

 

Mes prochaines traductions comics :

FEAR ITSELF HS 2 (juin)
FEAR ITSELF : THE FEARLESS (à partir de juin)
POWERS 8 (juin)
NOU3 - URBAN (juin)
THOR (à partir de juillet)
DEADPOOL (à partir de juillet)
DEADPOOL MAX 2 (juillet)
LA TOUR SOMBRE 13 (juillet)
100 BULLETS 3, 4 et 16 - URBAN (juillet)
X-MEN (à partir d'août)
AVENGERS : X-SANCTION (août et septembre)
DEADPOOL TEAM-UP 1 (août)
X-MEN CLASSIC 3 (septembre)
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