
Hum. Vous avez un peu de
temps devant vous ?
A vrai dire, je devrais surtout demander si vous avez de l'argent devant vous, parce que non seulement mars est mon plus gros mois depuis... toujours, en fait, mais en plus, il y a un bon paquet de
trucs incontournables dans le lot. Bon, je dois préciser que j'ai pas forcément traduit tout ça le même mois, hein, il y a des trucs qui ont été déplacés, patati, patata... Il demeure que le rythme
de trad que j'ai eu en novembre dernier était assez cinglé (ça coïncidait avec les premières de
Cendrillon et le Chien, en plus), et
que depuis, mon rythme de travail est une partie de plaisir. Un peu comme de porter trois gamins sur ses épaules. Quand il y en a plus qu'un, il a l'air tout léger.
Or, donc. J'ai déjà parlé de
Transmetropolitan l'autre jour, mais j'en remets une couche. J'ai feuilleté l'album, que j'ai reçu hier, et c'est vraiment
indubitablement ce qu'Ellis a fait de mieux. Oui, il m'arrive de recevoir les albums bien avant que vous ne puissiez les acheter (hier, j'ai aussi reçu
Preacher,
Authority et
Wonder Woman). Allez-y, détestez-moi.
Dans mes séries culte, il y a, bien évidemment,
Preacher. Le troisième tome est aussi pour mars, on y découvre le côté forcément un peu anti-français
de Jesse Custer, qui n'est pas texan pour rien, tandis qu'il part à la rescousse de Cassidy dans le sud de la France. On y découvre aussi le gerbant d'Aronique et le fameux Messie, ainsi que
les origines de Cass. A noter aussi que ce volume est le premier à publier des épisodes totalement inédits en France. En traduisant, d'ailleurs, je me suis aperçu que les lecteurs des albums du
Téméraire étaient restés sur un suspense absolument insoutenable. Je sais qu'il y en avait quelques-uns qui attendaient qu'on arrive à des épisodes inédits pour s'y mettre... On y est !
En 100%, première partie de la saga
Révolution signée Ed Brubaker. Il s'agit bien sûr d'
Authority. Avec Brubaker, il y a toujours de bonnes
chances que ce soit bien, et effectivement, il trouve un angle d'approche inédit sur l'équipe de super-héros la plus facho du monde. L'équipe est désormais, grosso modo, maître du monde, et ça ne
peut donc pas bien se passer. Au fond, la structure de l'histoire est assez classique, mais c'est suffisamment bien foutu pour être captivant.
Promethea revient également en mars, avec la fin de la saga où l'héroïne se balade en Immateria et découvre tout plein de trucs essentiels super
compliqués à traduire. On est plus dans le domaine de l'ouvrage philosophique que du comics de super-héros, ici, hein. C'est Alan Moore dans ce qu'il fait de moins commercial, mais aussi de plus
intéressant. Et bonne nouvelle pour les fans, je viens de finir la traduction du volume suivant, qui sortira dès le mois de juillet et qui sera l'avant-dernier tome (pour le dernier volume, il y a
des passages qui me font trembler d'avance). Encore une lecture indispensable, mais pas le genre à lire dans le métro (ou alors vous êtes sûrs de rater votre station). C'est du lourd, c'est du
complexe. C'est pas pour les ti n'enfants.
Voilà pour ce qui est de la sphère Vertigo / WildStorm / ABC, mais c'est loin d'être fini, ouh la la. Signalons d'abord un revenant sur les plannings, dont j'ose à peine imaginer qu'il va vraiment
sortir en mars : j'ai traduit
Snake Woman il y a à peu près un an, à l'époque où nous pensions lancer le label Virgin Comics en mai 2007. Depuis, la
ligne a été intégrée au deal Fusion, et voici que sort enfin l'album. Pour être honnête, ça fait tellement longtemps que je l'ai traduit que je ne me souviens plus très bien du contenu, mais avec
les dessins de Michael Gaydos, ça devrait au moins valoir le coup d'oeil.
A l'opposé, le 100%
Wonder Woman devait au départ être publié en juin, mais a finalement été déplacé en mars. Pour la petite histoire, c'est la saga
écrite par Heinberg (dont les
Young Avengers ont fait un tabac) et qui a mis un an, peu ou prou, à sortir aux Etats-Unis. Dans ces cas-là, c'est rare que le plaisir de lecture ne soit pas
érodé au fil du temps, et cette saga ne fait pas exception. Recueillie dans un unique album, cependant, c'est beaucoup plus lisible. Déjà, il y a le dessin de Dodson, toujours très "mais elles sont
où, les moches ?" mais qui reste assez élégant. Et puis le fait de ne pas attendre quatre mois entre chaque épisode aide sans doute à mieux apprécier la chose. Vive la VF ! (eh eh)
Voilà pour la librairie, mais pour être exhaustif, je dois sans doute revenir sur le
DC Universe Hors Série 8, qui contient la suite des aventures de
Bart Allen en tant que Flash. J'avais été plutôt conciliant avec le volume précédent, qui avait une réputation absolument lamentable et se révélait tout à fait lisible, quoique moyennement
enthousiasmant. Sur ce deuxième album (il y en aura un troisième en mai), il se passe quelque chose d'assez cruel : Marc Guggenheim reprend les rênes de la série à mi-chemin pour conclure la saga.
Autant dire que le changement ne fait pas honneur aux scénaristes de la première partie (dont je me souviens plus du nom, tiens). Guggenheim est efficace, comprend le personnage, et écrit de bons
dialogues. Du coup, les deux premiers épisodes du volume paraissent, en comparaison, assez pourris. Bon, la bonne nouvelle, c'est que la fin de la saga est bien plus recommandable.
Pfiou, ça y est, on a fait le tour. Alors, votre porte-monnaie a des sueurs froides ?
(Image Copyright DC / Vertigo / Panini)
Mais fermez-la...