Lundi 26 mai 2008
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14:16

Voilà à quoi ressemble le
Café de la
Gare depuis quelques jours. Pour vous dire que quand je parlais de fermeture pour travaux, c'était pas pour changer les rouleaux de papier toilette.
On l'a vue venir avec un peu d'inquiétude, cette fermeture. Un arrêt complet de l'activité du théâtre pendant deux mois, ça n'était pas arrivé depuis... ben depuis l'ouverture du théâtre en 72 (le
premier Café de la Gare a ouvert, lui, en 69, rue d'Odessa, près de Montparnasse... d'où le nom). Pour tous ceux qui font vivre la salle non-stop depuis près de quarante ans (au premier rang
desquels mes parents), ça n'a pas été quelque chose de forcément facile à vivre. Ma mère continue d'avoir peur qu'on ne puisse jamais rouvrir... c'est une crainte infondée mais ça peut vous laisser
entrevoir le genre de nervosité qui règne.
Et puis dimanche dernier, on s'est tous réunis pour faire un genre de "plan de bataille" des travaux imposés par la commission de sécurité (dont le mot d'ordre semble désormais être "et si un type
arrive avec un lance-flammes, qu'est-ce qui se passe ?"). D'ailleurs, quelques jours après, l'hygiène venait fermer le restaurant qui est dans la cour du théâtre, après avoir bazardé tout un stock
de steaks hachés, parce qu'ils étaient stockés à -17° au lieu de -18. Pour vous dire qu'on n'est pas sous Sarkozy qu'à moitié. Mais je m'égare franchement, d'autant que dans le tas, il y aura des
travaux qu'on sera bien contents d'avoir faits une fois ce mauvais moment passé, même si financièrement, on va être sur les rotules.
Enfin bref, tout ça pour dire que cette réunion de tous ceux qui participent à la vie du Café de la Gare, une réunion comme on en fait trop peu, à mon sens, était bien sympathique. Nous avons
ensuite joué la dernière (provisoire) de Cendrillon et le Chien... et puis on a commencé à démonter le théâtre. Enlevé tous les bancs, les coussins, descendu tous les projos... entièrement démonté
la régie, pour la "bonne" raison qu'on doit la surélever de 20 centimètres. Vidé les loges.
Vendredi, l'échafaudage a été monté, et les travaux que nous ne pouvons faire nous-mêmes dans la salle vont commencer incessamment. Jouons la transparence à fond : on vire l'amiante qui est là
depuis la création du théâtre. Amiante préconisé par la commission de sécurité de l'époque, d'ailleurs, même s'ils refusent de l'admettre aujourd'hui. Pas d'inquiétude à avoir pour nos fidèles
spectateurs, ils n'ont pas risqué leur vie en venant chez nous (on a fait les tests). La couche de peinture qui a été projetée il y a bien longtemps sur le floquage empêche toute dose dangereuse de
particules de flotter dans l'air... mais c'est le genre d'épée de Damoclès qu'on ne voulait plus avoir littéralement au-dessus de nos têtes. Oui, c'est notre décision d'enlever l'amiante.
Paradoxal, non ?
Mais je m'égare encore : cette séance de démontage était elle aussi plutôt fun, quoiqu'un peu surréaliste. Tite chérie a filmé un peu, je bricolerai peut-être un genre de reportage là-dessus. À
voir.
La réouverture du théâtre est prévue pour le 18 juillet (croisons les doigts). Dans l'intervalle, je mets en chantier toute la com qui va entourer mon nouveau spectacle, À Suivre...!, qui se jouera
du jeudi au dimanche à 19h au Café de la Gare à partir du 23 octobre. On a d'ores et déjà quelques partenariats intéressants, d'autres à venir... et il est temps pour moi de vous en dire un peu
plus sur la pièce, histoire de se projeter dans l'avenir, quand ces travaux à trois milliards seront derrière nous.
À Suivre...! est l'histoire de Margotte, une jeune femme accro aux séries télé américaines à un point quasiment clinique. Elle les consomme
sans la moindre modération au grand dam de son homme, passe ses journées à dévorer des coffrets DVD entiers en compagnie de sa complice de débauche, aussi atteinte qu'elle... jusqu'à ce que deux
personnages on ne peut plus mystérieux fassent irruption chez elle. Le petit appartement de Margotte va devenir le théâtre d'un scénario tordu digne d'un épisode d'Alias sous coke. Margotte
a-t-elle basculé dans une des séries qu'elle affectionne ?
Autant vous le dire tout de suite, c'est un gros délire et c'est certainement la pièce la plus con que j'aie écrite. Mais je pense que pas mal de monde devrait se retrouver dans le personnage de
Margotte. La série télé, c'est un peu la drogue douce du 21ème siècle. Pour ce qui est de la suite des événements, un mini-site de la pièce sera lancé fin août, mais dès la mi-juin, je devrais
avoir quelque chose à vous montrer... On en reparle bientôt !
(Image Copyright tite chérie)
Mais fermez-la...