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Le Blog de Jérémy Manesse

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Publié par Jérémy Manesse

Je ne suis pas du genre à focaliser sur les petites phrases. Je l'ai déjà dit dans ces colonnes, mais je trouve qu'on a tellement bloqué sur le "racaille" de Sarkozy qu'on a oublié que le plus odieux dans la phrase se trouvait après ("vous en avez marre de ces racailles... on va vous en débarrasser"), et il est désormais évident qu'on a à l'époque beaucoup aidé Le Pen en n'allant jamais plus loin que ses vannes à deux balles dans la contre-argumentation. Je regrette d'ailleurs l'époque où on pouvait faire des blagues racistes sans forcément être raciste (il y en a des très bonnes, des blagues racistes), mais bon, c'est une autre histoire.

Cela dit, parfois, une petite phrase est quand même bien révélatrice. Un peu trop, même, pour les journaux télé téléguidés par le pouvoir en place (ça n'est plus de la théorie conspirationniste, hein, je pense que c'est maintenant un fait avéré). Ils aiment bien ça, les petites phrases, les journaux télé : C'est facile à caser dans un sujet très court, ça plaît aux gens... Comme toujours, c'est au niveau du décryptage et du suivi que ça leur plaît moins. Faut bosser, comprenez, c'est fatigant. Pour ce qui est du lapsus de Sarkozy concernant la culpabilité de Villepin dans l'affaire Clearstream, il a fallu que j'écoute France Inter pour que quelqu'un pose la première question qui m'est venu à l'esprit : Comment ça se fait qu'il y en a pas eu un parmis les deux tâches de journalistes en face, censément professionnelles, pour relever ? Je connais la réponse, hein, c'est une question sémantique.

Tout dépend aussi d'où provient la phrase : Ma petite phrase préférée de ces dernières semaines a été publiée dans l'Huma et relayée par Marianne, mais je ne l'ai vue nulle part ailleurs. C'est l'ineffable Laurence Parisot qui dit : "Aujourd'hui, il y a deux types de bébés, ceux qui naissent avec un iPhone dans la main et ceux qui naissent avec un Blackberry dans la main". C'est quand même tout là-haut avec la Rolex de Seguela, dans le genre coupé des réalités.

Là où j'ai l'impression que tout le monde a loupé le coche, jusqu'à preuve du contraire, c'est à-propos de "l'incident" avec Brice Hortefeu et de son "dérapage" aux journées de l'UMP. Je mets plein de guillemets, parce que voilà, au départ, je n'y accordais pas beaucoup d'importance. J'ai jamais beaucoup aimé Hortefeu, il me donne un peu des frissons malsains, surtout en tant que ministre de l'intérieur, mais sa petite phrase me paraissait débouler au milieu d'une journée à l'info pauvre. Une phrase sortie de son contexte, assez vague, où je me disais qu'il y avait sans doute faux procès, le genre qui finit par renforcer le fautif.
Sauf que, et c'est là où je suis ahuri que personne ne l'ait relevé (à ma connaissance), le problème c'est qu'Hortefeu a changé d'excuse en cours de route. Juste après l'incident, je l'ai entendu dans un flash info (de LCI, of course) raconter l'histoire suivante : Il sortait d'une séance photo, il voulait rentrer chez lui, sur le chemin de la sortie, le jeune arabe lui a demandé de prendre une photo de lui, et il a accepté en disant le fameux "quand il n'y en a qu'un, ça va, c'est quand il y en a plusieurs que c'est un problème". Sous-entendu "type qui veut des photos". Ok, je prends acte, ça m'allait comme explication.
Mais le lendemain, pouf, l'histoire avait changé pour cette histoire d'auvergnats qui, soit dit en passant, est vachement moins plausible que le coup de la séance-photo. Il a dû vouloir choisir une histoire plus rigolote après-coup pour exacerber la légèreté de la situation, sûrement. Enfin bref, le résultat, c'est que de ma fenêtre, il était cuit.
Mais tout le monde, semble-t-il, a raté, ou oublié, la première explication... même les journalistes de LCI qui ont recueilli ses réactions à chaud. C'est ballot, hein ? Du coup, j'avais envie d'en parler ici, pour la postérité... Je suis le seul à avoir entendu cette V 1.0 de l'excuse bidon ?

(Image Copyright... euh, trouvée sur Internet)

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P'tit LU 09/10/2009 15:07


Ça me rassure, j'avais fini par croire que je l'avais inventée, l'excuse des photographes.


Stefff56 08/10/2009 15:22


T'inquiète, je l'ai entendu moi-aussi et j'ai eu exactement la réaction que toi.


Nore 07/10/2009 15:04


Non, non. Moi aussi je me souviens très bien de cette excuse et je me suis aussi demandé pourquoi elle avait changé en cours de route...
Et je pleure de ne pouvoir plus rire de tout et ne n'importe quoi: des noirs, des arabes, des mecs blancs "normaux", des juifs, des cathos, des pd (oups! mal vu! homosexuel) etc. Bientôt on ne
pourra même plus rire des mauvais contrebassistes, des guitaristes qui baissent le son de leur guitare devant une partition et des chanteuses de jazz qui rentrent chez elles quand elles se
lèvent... Alors on va pleurer?


wolverine05 02/10/2009 15:10


euh non il ne les traitait pas de tâches ça m'aurait marqué ça...mais ça lui est déja arrivé de parler de Laurence Ferrari comme étant une PPDA (petite part d'audience...)


wolverine05 02/10/2009 13:04


"Comment ça se fait qu'il y en a pas eu un parmis les deux tâches de journalistes en face, censément professionnelles, pour relever ? "
Jean - Michel Aphatie,du Grand Journal,posait la même question le lendemain de l'interview


Jérémy Manesse 02/10/2009 13:10


Euh... dans les mêmes termes ?