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ON EN EST LÀ :

Le Blog de Jérémy Manesse

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Publié par Jérémy Manesse

Beaucoup d'allers-retours pour moi cette semaine, et donc des mises à jour à priori très espacées dans le temps pour "On en est là". Je suis allé samedi récupérer ma tite chérie à la gare (youpiiiiiii !) et nous repartons demain dans sa famille, dans leuch' Nord. Et pis j'ai un peu d'avance dans mes trads, donc j'ai l'intention de consacrer cette semaine, en grande partie, à mademoiselle tite chérie. Je devrais poster un nouveau sketch en vidéo le week-end prochain, cela dit.

Mais je voulais quand même glisser un mot à ceux qui ont l'occase d'aller au théâtre en région parisienne d'ici dimanche, sur Willy Protagoras Enfermé dans les Toilettes (oui oui, c'est bien le nom de la pièce), que nous sommes allés voir dimanche dernier au Théâtre Antoine Vitez d'Ivry. Je n'ai pas vraiment le temps de rentrer dans les détails, mais c'est une des rares pièces de théâtre subventionné que j'ai vues qui ne m'ait pas donné une impression d'onanisme outrancier, luxueux et hors de prix. Et je vous en parle quand même tout de suite parce que la dernière a lieu dimanche prochain.

Wajdi Mouawad, libanais de son état, a écrit cette pièce il y a quinze ans, à l'âge de 19 ans (rien que ça). Elle raconte l'histoire de deux familles qui s'entre-déchirent alors qu'elles se partagent un appartement, qu'aucune des deux ne veut quitter. Les voisins, témoins de l'affrontement séculaire, commentent, commèrent et spéculent, tout en convoitant ouvertement le fameux appartement, le seul de l'immeuble à avoir vue directe sur la mer. Un seul voisin semble se moquer de tout ça : Erreur. Ce notaire se propose comme arbitre pas du tout impartial pour régler les problèmes de tout le monde d'une main froide et violente, dans un gant de velours que seuls les grands manipulateurs savent où se procurer. Au milieu de tout ça, le jeune Willy Protagoras, qui s'est donc effectivement enfermé dans les toilettes en signe de protestation. Contre qui, contre quoi ? Lui-même n'en est pas bien sûr. Mais il pourrait être l'ultime représentant de la poésie dans un immeuble à l'image de notre monde.

Toute ressemblance avec la situation isrélo-palestinienne est bien évidemment flagrante dès les premières scènes. Les parallèles sont innombrables, y compris certains très troublants : A quelques années près, Alan Moore écrivait dans le même temps Watchmen, et lui aussi avait assez de vision pour prédire un 11 septembre bien avant l'heure, en y associant les théories conspiratrices devenues légende depuis six ans.
Mais les parallèles ne s'arrêtent pas là et peuvent s'appliquer à peu près à tout. On ne manquera pas de voir dans le fameux notaire un possible reflet de notre nouveau Président, ou dans le jeune Willy les dernières gesticulations d'une culture libre noyée par l'ultra-lisibilité télévisuelle.

Bon, cette critique est très très rapide et sans doute un peu abstraite (moi-même j'ai l'impression d'écrire pour Télérama), mais n'hésitez pas à voir cette pièce si vous en avez l'occasion. Ca s'arrête dimanche, et ça joue au dit Théâtre Antoine Vitez d'Ivry toute la semaine à 20h, sauf jeudi à 19h et dimanche à 16h.

Grouillez-vous !

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Lapinoursinette 27/08/2010 23:11



Je n'ai pas vu la pièce mais je l'ai lu et ça décape!  j'ai mis un lien vers ton message sur mon blog. Bonne soirée.