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Dimanche 5 décembre 2010 7 05 /12 /Déc /2010 19:03

photo3d.jpg Trop classe le slogan, hein ? J'avais aussi "La 3-D, ça saute aux yeux !", "Moi ce que je préf', c'est le relief !" et "Jamais D sans 3 !". En fait, le plus important, c'est le point d'exclamation.

Avec tite chérie, on s'est aperçus que d'avoir un bébé pouvait réveiller le consommateur qui est en nous (et qui n'était pas bien endormi de toute façon). Je sais pas, c'est peut-être de passer beaucoup de temps à la maison, on pense à changer son écran, son téléphone, sa télé, tout ça... Perso, j'ai fini par craquer pour une télé 3-D, une Samsung pour être précis, et une PS50C6970 pour être encore plus précis.

Rappelons que je fais partie de ceux qui sont très convaincus par l'effet 3-D. Oui, c'est parfois gadget, mais ça immerge encore davantage dans un film, et pour un certain type de film, ça ajoute au fun, quoi. Ca m'a jamais foutu mal au crâne, ça ne me dérange pas d'avoir des lunettes pour regarder un film (j'en porte déjà)... Au ciné, j'ai vu Avatar et Toy Story 3 comme ça, et je suis très client, d'autant que ça permet parfois aux réalisateurs d'explorer de nouvelles façons de filmer.

Voici donc un rapide compte-rendu de mes premières semaines d'utilisation de l'engin, que j'alimente par une Playstation 3 (qui est devenue compatible 3-D à la dernière mise à jour, faut quand même dire que Sony a assuré d'avoir empêché ainsi sa console de devenir obsolète), histoire que ceux qui sont tentés puissent entendre un avis sur la question. Ah, et puis ça me permet de signaler au passage que je fourgue un gros lot de DVDs et un gros lot de comics sur eBay (lien dans la colonne à droite), ce qui n'a certes rien à voir mais si je fais pas ma pub sur mon blog, où la ferai-je ?

Or donc, mon ancienne télé datait d'une dizaine d'années, c'était un rétroprojecteur qui commençait à donner de gros signes de faiblesse. Le saut à la 3-D m'a donc également permis de constater où en était la technologie plasma, et l'image télé en général, puisqu'on se fait toutes nos séances cinéma sur le vidéoprojecteur. J'aurais pu craquer pour l'un des premiers vidéoproj 3-D, d'ailleurs, mais pour l'instant ça va taper autour des 6-7000 euros, et là, non, merde, j'ai une bouche à nourrir. L'image de la télé, donc, est terriblement HD, ce qui fait un peu peur au départ quand on n'a pas l'habitude. En effet, l'image est tellement propre que quel que soit le film ou la série (ou le journal télé) qu'on regarde, on a un peu l'impression de regarder le truc en vrai. Forcément, ça donne un côté vidéo qui nous éloigne du cinéma, il y a plus de grain, il y a plus de défauts, et honnêtement, faut s'habituer. Tite chérie n'aime pas trop, c'est trop froid pour elle. Tripatouiller les réglages de la télé permet de débloquer un réglage "cinéma" qui améliore la chose, mais voilà, la HD, ça a les défauts de ses qualités, à côté desquels nous étions passés jusque là, parce qu'avec un vidéoprojecteur, on arrive de toute façon à un rendu plus cinéma, beaucoup moins vidéo.

Surtout, ce qu'il se passe, c'est que ça ne supporte plus le travail bâclé. Un plan dont l'éclairage, les maquillages et les costumes ne sont pas soignés jusqu'au plus petit détail a tout à coup l'air d'un épisode d'Hélène et les Garçons. Par contre, les images vraiment chiadées sont sublimées par la HD et l'image plasma. Je suis en train de me regarder la saison 2 de Fringe en Blu-Ray sur la télé, et c'est un bon exemple d'une HD bien utilisée, avec un vrai beau travail sur les lumières. Après, la grande image de 127 centimètres donne parfois du fil à retordre à l'affichage dans le cas d'un Blu-ray un peu trop compressé. Fringe est un bon exemple, avec six épisodes calés sur chaque disque. Dans les scènes d'action très lumineuses, on voit parfois apparaître les fameux artefacts (des pixels un peu à la traine), si on y fait gaffe. Et puis si on les cherche, hein, tite chérie pour le coup a toujours du mal à voir la différence entre qualité DVD et qualité Blu-ray, alors des artefacts...

Ca, c'est pour la télé en général, mais bon, ce qu'on veut savoir, c'est si la 3-D le fait bien. La réponse est : Carrément. On s'est vus deux films jusque là, parmi la petite poignée disponible... Ah si, quand même, profitons-en au passage pour cracher à la gueule de tous les distributeurs qui ont choisi de faire des bundles exclusifs avec certains gros titres comme Dragons 3-D ou Avatar 3-D, tirant une magnifique balle dans le pied au format à l'approche de Noël. Pour avoir Avatar en 3-D, il faut acheter une télé Panasonic, pour avoir Dragons en 3-D, il faut acheter une télé Samsung ET un système home-cinéma Samsung (tant pis pour ma gueule). C'est vraiment très minable et mal pensé, même si l'on sait que les disques seront un jour ou l'autre disponibles... mais ça permet aussi à certains de faire des affaires sur le dos des couillons trop pressés : Le Blu-ray 3-D d'Avatar, aux Etats-Unis, part sur eBay à des prix allant jusqu'à 350 dollars !!!

Les deux films qu'on a vu jusque là sont Tempête de Boulettes Géantes (gros délire, bien sympa) et L'Etrange Noël de Scrooge (adaptation assez littéraire du conte de Dickens, avec Jim Carrey qui fait plein de rôles... si on n'a pas de mal avec les films d'animation à la Zemeckis - c'est assez particulier comme graphisme - c'est assez chouette). Ce qu'on peut déjà dire, c'est que l'image de synthèse est évidemment celle qui se prête le mieux au traitement ultra-clean dont je parlais plus haut. Et pour en finir avec ce suspense intolérable, oui, la 3-D dans ces conditions, ça cartonne autant qu'au cinéma. On a regardé le deuxième film hier soir avec deux personnes qui n'avaient jamais goûté à la 3-D, et les réactions d'émerveillement étaient du même genre que celles qu'on a pu avoir en allant voir Avatar (c'est là qu'on a découvert le procédé avec tite chérie). Forcément, l'écran est plus petit, mais il reste suffisamment grand pour ne pas étriquer l'effet 3-D. Il n'y a plus la moindre trace d'artefact, et les deux films se servent du "gadget" 3-D avec inventivité et efficacité. Ca le fait carrément, quoi. Le seul petit bémol, c'est le même qu'au cinéma : On essaie d'éviter de lire les sous-titres, parce que comme ils sont sur un plan différent, ça demande plus de travail aux yeux de "changer le focus" à chaque fois.

Bon, bébé pleure, je vais donc écourter cet article : Je finirai en précisant que l'outil de conversion 2D / 3D dont est équipé la télé est pour le coup, complètement gadget et pas concluant du tout. Je l'ai essayé sur les infos, sur Fringe en blu-ray, sur Columbo (ben oui, merde, Columbo en 3-D, j'étais obligé)... et le résultat est de vaguement détacher certaines parties de l'image. Ca n'a aucun intérêt à mon sens. Mais la télé est une excellente télé, et la 3-D en home cinéma fonctionne, la technologie est prête, vous pouvez vous lancer. Ce modèle en particulier se trouve à moins de 1500 euros, ce qui est certes une somme, mais pour un 50 pouces qui propose la 3-D, ça reste raisonnable.

(Image copyright, euh, Google Images ?)

Par Jérémy Manesse - Publié dans : Home-Cinema / Cinema
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Lundi 19 avril 2010 1 19 /04 /Avr /2010 17:38

HitGirl C'est peut-être un peu tôt pour le dire et je peux me tromper, mais je crois bien que Kick-Ass est mon film préféré parmi toutes les adaptations de comics auxquelles on a eu droit jusqu'à aujourd'hui.

Attention, hein, je ne dis pas forcément qu'il s'agit de la meilleure adaptation, pour la bonne raison, déjà, que je n'ai toujours pas lu la BD de Mark Millar et John Romita Jr. Mais de ce que j'en ai entendu, le scénario de Matthew Vaughn a effacé tous les défauts du comic-book (à savoir l'excès de cynisme dont peut faire preuve Mark Millar, et un personnage principal très antipathique). Ce qui est certain, c'est que c'est de très loin le film "de super-héros" le plus marrant qui existe, et que ça fait un petit bout de temps que je n'étais pas ressorti d'une salle de cinéma convaincu que je reverrais le film à un moment ou à un autre.

Faut dire que de visionner le film (qui sort mercredi prochain) à l'occasion d'une avant-première devant une salle remplie de fans de comics a priori entièrement acquis à sa cause, ça aide. L'enthousiasme qui parcourait la salle était de plus en plus palpable au fur et à mesure du film, jusqu'à culminer dans son troisième tiers... A la troisième salve d'aplaudissements pour ponctuer un temps fort du film, on peut déduire que les gens ont l'air d'aimer.

C'est un terme que je n'utilise pas souvent parce qu'il est un peu trop galvaudé, mais j'ai trouvé ce film génial. D'abord parce que, comme je viens de le dire, je me suis davantage marré au cours de cette projection que pendant n'importe quelle comédie que j'aie pu voir récemment... y compris celles qui étaient réussies. Ensuite, parce que je découvre le putain de réalisateur qu'est Matthew Vaughn. J'avais bien aimé Stardust et je n'ai pas vu Layer Cake, mais en tout cas, là, il est carrément monté d'un cran. Les scènes d'action sont d'une inventivité et d'une clarté qui font plaisir en ces temps de "je secoue la caméra pour qu'on se sente au centre de l'action", chacune d'elle a une véritable identité et les musiques d'accompagnement sont toujours judicieuses (j'ai adoré qu'ils aient pu chourer un passage de la musique de 28 Jours Plus Tard, par exemple). Cette fraîcheur des scènes d'action m'a rappelé celle, à l'époque, d'Equilibrium, j'avais eu le même genre de sensation.

Mais là où Vaughn maîtrise vraiment son sujet et qu'il démontre qu'il est un réalisateur à suivre, c'est dans le talent dont il fait preuve pour mélanger les genres. On rigole beaucoup, certes, mais certaines scènes sont aussi super touchantes. Et Vaughn réussit parfois l'exploit d'aller de l'un à l'autre au cours de la même scène... merde, de la même phrase ! La virtuosité des scènes d'action d'Hit-Girl, également, est à mettre en parallèle avec les premières "aventures" de Kick-Ass, où l'exploit consiste pour lui à ne pas en prendre trop plein la gueule. Du coup, on comprend vraiment sa réaction de désespoir en rentrant chez lui, après sa rencontre avec la petite machine à tuer.

Maîtrise dans le sujet, aussi. La polémique américaine autour d'Hit-Girl ne m'intéresse pas beaucoup, j'ai adoré l'humour noir du duo Hit-Girl / Big Daddy, et Nicolas Cage (que j'avais pas vu aussi bien depuis longtemps) m'a fait penser à ces parents qui surentrainent leur gamin pour qu'ils deviennent champions de patinage artistique ou de gymnastique sur barres asymétriques. Oui, me dira-t-on, mais là on est censés s'attacher aux personnages. Et alors ? Les méchants de Kick-Ass sont tout aussi attachants, jusqu'au big boss Mark Strong (bien meilleur que dans Sherlock Holmes), dont l'évolution dans le film a été parfaitement résumée par un spectateur dans la salle au cours du film : "Comment il est à la rue, lui". D'ailleurs, le moindre petit sbire de Frank d'Amico a son heure de gloire ou sa petite vanne, et c'est une autre des grandes réussites du film : Les seconds rôles cartonnent tous. Et bien sûr, les premiers ne sont pas en reste.

Et pour ceux qui hésiteraient à aller voir le film en pensant qu'il ne s'adresse qu'aux "geeks" et qu'ils vont louper la moitié des références (un peu ce que les gens craignent parfois en venant voir A Suivre), n'ayez pas peur : J'y étais avec tite chérie qui ne m'a demandé qu'une seule fois dans tout le film pourquoi les gens riaient, parce qu'elle avait senti qu'il lui manquait une référence ("With no power comes no responsibility").

Comme je le disais en présentant le film à une salle qui ne m'écoutait, il faut bien le dire, que par intermittence, c'est un film qui n'était faisable que maintenant que beaucoup de films de super-héros ont cartonné, en tout cas dans l'optique de toucher un public plus large que les simples amateurs de comics. Franchement, si vous avez vu un Spider-Man et/ou un Batman, vous pigerez 95% des "private-jokes".

Non vraiment, je ne trouve rien à redire à ce film... qui est à Spider-Man ce que Starship Troopers était à Star Wars ! Foncez, foncez, foncez !

(Image Copyright Lionsgate)

Par Jérémy Manesse - Publié dans : Home-Cinema / Cinema
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Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /Mars /2010 13:29
demineurs Quel meilleur moment pour faire le tour des derniers films que j'ai vus que quand l'un d'eux se ramasse une chiée d'Oscars ?

Démineurs (The Hurt Locker) a eu droit à une sortie très confidentielle l'an dernier, et a totalisé un petit vingt millions de dollars de recettes dans le monde. En tout. A titre de comparaison, Alice au Pays des Merveilles vient de faire 116 millions aux Etats-Unis en un week-end (ce qui tend à démontrer que James Cameron a bel et bien propulsé le marché de la 3D à lui tout seul, par ailleurs).
On a vu le film avec tite chérie la semaine dernière, en Blu-Ray, et c'est une vraie belle claque. Le film n'est pas profondément original, c'est un film de guerre, même si l'angle des équipes de déminage est inédit, il me semble... mais la réalisation, le ton, l'interprétation de l'ensemble sont au top. C'est assez chouette que Kathryn Bigelow récupère le premier Oscar du meilleur réalisateur décerné à une femme le jour de la journée de la femme... en ce qui me concerne, elle pouvait déjà l'avoir depuis longtemps pour Strange Days, l'un de mes films archi-cultes, du genre que je peux me revoir dès que je tombe sur quelqu'un qui ne l'a pas vu.
La plupart des scènes de Démineurs sont des classiques de ce type de film, mais Bigelow a fait de chacune d'elles un morceau de bravoure, ajoutant énormément d'âme et de puissance même aux scènes qu'on a déjà vues cent fois. On peut se demander ce qui est le plus fort : Trouver une idée que personne n'a jamais racontée, ou trouver une nouvelle façon de raconter une idée qui a déjà été racontée maintes fois. La séquence des snipers, un véritable chef-d'oeuvre du genre, parfaitement maîtrisée, est l'un des exemples qui font de Démineurs un film à voir... de préférence avant que vous n'ayez lu quinze critiques dityrambiques du genre de la mienne, bien sûr. Ne vous attendez pas à un pamphlet anti-Bush, par exemple, c'est pas du tout le sujet (oui, parce que ça se passe en Irak, le film).
J'imagine que cette moisson d'Oscar va permettre une re-sortie bien méritée du film, et un carton en DVD / Blu-Ray. Même si le producteur français du film a sans doute été maladroit dans sa façon de faire (il s'est fait écarter de la soirée de remise des prix), il a quand même bien raison sur le fond : Ce petit film a énormément plus à gagner d'un succès aux Oscar qu'Avatar qui a dépassé il y a peu les 2,5 milliards de dollars de recettes mondiales. Là où il s'est vautré, c'est en avançant l'idée que ça devait influencer le choix des votants pour décider quel était le meilleur film.

Ca peut paraître violent comme transition, mais on s'est aussi vu le film Max la Menace, avec Steve Carrell, cette semaine. Roh, on a bien ri, et il y a quelques scènes qui font vraiment plaisir. Je pense notamment à une scène de bal avec une grosse, où l'on voit arriver la scène avec un peu d'inquiétude car elle laisse présager d'une vulgarité et d'un racisme anti-gros devenu trop fréquent dans les comédies... mais la scène prend un tour inattendu qui en fait quelque chose de beaucoup plus frais. Après, les scènes d'action sont assez mal fichues, mais du point de vue comédie, on a ri... Il y a même quelques répliques que j'aurais pu piquer pour A Suivre si j'avais vu le film à sa sortie (il me semble que c'est sorti pendant qu'on répétait la pièce).

Et puis nous avons fait notre sortie biannuelle au cinéma avec tite chérie, pour épuiser la carte MK2 qu'on avait achetée pour Avatar (on a quand même une place dans l'os, cela dit). Nous avons vu Sherlock Holmes, qui m'a bien plu. Je dois avouer que je l'ai vu il y a quelque temps et que je n'en ai plus un souvenir très précis, on peut donc affirmer que le film n'est pas mémorable, mais j'ai aimé la vision du personnage et la synergie entre Law et Downey Jr. Et puis même si Guy Ritchie ne résiste pas à quelques tics clipés de réalisation (je n'avais pas du tout aimé Snatch, pour mémoire), il met la pédale douce là-dessus et propose un film assez efficace. J'ai eu beaucoup de mal cependant à accepter que le méchant du film n'était pas Andy Garcia, autrement.

Et puis tiens, pour finir et puisqu'on est sur Downey Jr, une nouvelle bande-annonce d'Iron Man 2 est disponible sur le Net, avec quelques plans "geek service" de plus, pas piqués des vers. J'ai entendu de très bonnes choses du film de la part de sources très bien placées, à savoir... que Marvel a quelques soucis avec le film. Oui, c'est plutôt une bonne nouvelle, mais pour expliquer pourquoi je dois un peu entrer dans les spoilers puisque les bande-annonces semblent judicieusement éviter cet aspect du film. Arrêtez-vous donc là si vous ne voulez pas en savoir plus.
De ce que j'entends, le film est incroyable, les acteurs sont incroyables, le scénar est incroyable... le petit souci étant qu'il emprunte largement à la saga Demon in a Bottle (qui traite de l'alcoolisme de Tony Stark) et qu'à la fin du film on a paraît-il un peu envie de lui mettre des baffes. En ce qui me concerne, c'est tout sauf un souci et ça me rend d'autant plus impatient de voir le film, mais on sait bien que le but est aussi de vendre des jouets. De ce que je sais, donc, il y a quelques "reshoots" sur le film. Pas de quoi remettre en cause la trame de fond du film (aucune scène n'est a priori enlevée), mais quelques petits trucs pour montrer Iron Man faisant des trucs un peu plus héroïques que de se torcher la gueule. Tout ça présage en tout cas d'une très bonne suite, de ma fenêtre.

(Image Copyright Summit Entertainment)
Par Jérémy Manesse - Publié dans : Home-Cinema / Cinema
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Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /Jan /2010 11:18
la haut Tiens, ça fait longtemps que j'ai pas fait un petit passage en revue des derniers films que je me suis matés. Comme je me suis enfin résolu à regarder des films sans ma tite chérie (qui est très occupé à Paris en ce moment et n'a pas beaucoup le temps de me rejoindre à la campagne), la liste pourrait s'allonger très vite.

Mais d'abord, une petite page de pub : J'ai une petite soeur qui fait de la musique. Pour ceux qui ont vu A Suivre ou son making of, c'est elle qui fait les choeurs sur la "chanson" de générique, elle commence à faire pas mal de musiques pour les spectacles du Café de la Gare, et objectivement, elle déchire du haut de ses vingt ans. Elle fait aussi ses propres compositions, et pour la première fois elle donnera un concert en solo, à Paris, où elle ne joue que ses chansons et pas des reprises. Ca se passe à la Scène Bastille (2 bis rue des Taillandiers) le lundi 25 janvier à 19h30, pour un concert qu'elle partage avec le groupe Kiss the Change (Elle, elle s'appelle Sarah Manesse). Pour en savoir plus, son Myspace : www.myspace.com/sarahmanesse. La place est à 12 euros et se trouve en prévente dans les FNACs et autres points de vente (et même au Café de la Gare, tiens) !

Séquence cinéma, donc, et on commence avec Là-Haut, le dernier Pixar qui m'a fait chialer pendant une heure et demie. Je dis bien chialer, le gros chagrin comme quand on était gosses et que King Kong mourait à la fin. "Ben alors, ça va pas ?", me dira-t-on, mais il se trouve que ce film a été (apparemment) écrit spécifiquement pour me faire chialer, moi, en jouant sur ma plus grosse peur, à savoir, et désolé pour ceux qui trouvent que je suis gavant avec ça, de perdre ma tite chérie d'une façon ou d'une autre. Ce qui est en soi un sujet gonflé de la part d'un dessin animé pour enfants. Et je ne parle même pas d'autres détails qui ont fait que je me suis totalement identifié au vieux bonhomme de ce film.
Du coup, j'ai un peu de mal à analyser le film objectivement, même si je peux de toute façon dire qu'il est exceptionnel. Pixar casse la baraque à chaque nouveau film, en faisant des films profonds et intelligents qui ne peuvent qu'aider à faire une prochaine génération moins con que la nôtre. Il y a bien sûr des trucs très drôles, les chiens sont très réussis, mais j'admets ECUREUIL !!!!!

...

... que l'expérience reste troublante pour moi, d'autant que je n'ai pas du tout marché au message de fond du film, du genre "il faut savoir faire le deuil du passé et vivre de nouvelles aventures". Je suis incapable de me projeter dans une situation ou ce serait un tant soit peu possible s'il m'arrivait ce qui arrive au héros du film.

En parlant de tite chérie, on s'est regardés deux films la semaine dernière. Le premier, c'était une lacune dans notre culture cinématographique : Butch Cassidy et le Kid, avec Paul Newman et Robert Redford, un western au ton complètement curieux, un "buddy-movie" avant l'heure où Redford ressemble tellement à Brad Pitt que c'en est bluffant (oui, je sais que c'est le contraire, mais vous voyez ce que je veux dire). Ca nous a permis également de découvrir une scène qui a été parodiée un million de fois, mais dont j'ignorais jusque-là ce que ça parodiait, à savoir cet OVNI au milieu du film, le "clip" de Raindrops Keep Fallin' on my Head de Burt Bacharach (chanson écrite pour le film !), avec Paul Newman qui fait le clown en bicyclette dans une ambiance complètement Petite Maison dans la Prairie. Au milieu d'un western. Je ne suis pas sûr que ça fonctionne (Redford non plus, d'ailleurs, à en croire le making of), mais ça rend le film marquant et c'est devenu une scène culte, donc... Après, l'ensemble est très bien mené, mais il faut dire qu'après La Horde Sauvage qu'on s'était vu quelques semaines plus tôt, ça fait un sacré contraste quant au traitement du genre.

Le lendemain, on a enfin regardé le Catcheur de Darren Aronofsky. Oui, le Catcheur, the Wrestler, ça veut dire le Catcheur. J'attends qu'on me justifie la connerie de ne pas avoir traduit le titre sur ce coup-là. Je flaire le truc où les distributeurs français se sont dit que personne n'irait voir un film qui parle de catch, et que du coup ça les arrangeait bien de ne pas traduire le titre vu que personne ne sait ce que ça veut dire, ze vraisseleurre. En tout cas, le film est vraiment bien, excessivement classique, mais rudement bien mené par Aronofsky qui réinvente sa façon de filmer à chaque film, après la descente aux enfers clipée de Requiem et l'ésotérisme esthétisant de The Fountain. Impeccablement habité, évidemment, par Mickey Rourke, un effet spécial à lui tout seul. Si vous avez du mal d'habitude avec Aronofsky (ce que je peux comprendre, même si moi, j'adore), c'est sans doute son film le plus accessible.

Seul film de cette liste que je n'ai pas vu en Blu-ray mais en DVD (et la différence se sent nettement, quand même, il y a pas), un film que j'avais complètement raté à l'époque : eXistenZ. Un délire assez jouissif de Cronenberg, très loin de la glauquerie de Faux-Semblants ou de Crash. Un jeu vidéo où les manettes sont des espèces d'hybrides amphibiens avec lesquels on entre en symbiose, un second degré érotique omniprésent, des acteurs qui s'éclatent... on voit venir la fin de très très loin, mais c'est assez inévitable vu tous les films du même genre qui ont fleuri depuis (pas que Matrix, je pense aussi à Avalon et à Passé Virtuel). Ici, c'est l'univers visuel  et conceptuel, et la légèreté du ton (et le message de fond quand même bien sympathique) qui en font un film à voir.

Et pour finir, j'ai regardé G.I. Joe hier soir. Oui, bon, je sais, ça fait encore partie de ces petits plaisirs coupables qui montrent que j'ai encore un peu (beaucoup ?) d'ado en moi. Je suis passé par plusieurs couleurs pendant le film. D'abord dubitatif, je me suis laissé embarquer par l'ambiance complètement cartoon (coïncidences impossibles complètement assumées, flash-backs kitschissimes des personnages en pleine action) puis par l'incroyable séquence d'action dans Paris, sans aucun doute le meilleur moment du film. Pendant tout le temps, je repensais au making of de 36 Quai des Orfèvres, dans lequel Olivier Marchal en chiait pour obtenir l'autorisation de tirer trois coups de feu dans Paris. Bon, j'imagine qu'il y a beaucoup d'images de synthèses dans la séquence de G.I. Joe, mais il y a quand même des plans dont j'aimerais bien savoir comment ils ont fait, parce que ça se passe bel et bien dans Paris. Après ça, le film s'essoufle et le troisième acte est beaucoup moins fun et plus convenu que le début, malgré les méchants aux voix tout droit sorties d'un dessin animé. Très dispensable, donc, mais si vous pouvez vous faire juste la séquence dans Paris, n'hésitez pas. Et dans l'ensemble, je trouve ça quand même nettement plus appréciable et moins bête (dans le mauvais sens du terme) que l'épilepsie prépubère de Michael Bay sur Transformers. Le premier, hein, j'ai pas vu le deuxième. Pas très envie, d'ailleurs.

(Image Copyright Disney / Pixar)
Par Jérémy Manesse - Publié dans : Home-Cinema / Cinema
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Jeudi 7 janvier 2010 4 07 /01 /Jan /2010 14:11
InceptionPoster Alors voilà, une petite nouveauté cette année, j'ai décidé de me poser et de farfouiller sur le Net pour voir quels films j'allais attendre avec impatience cette année. À cette occasion, j'ai même découvert des trucs dont je ne savais pas du tout qu'ils allaient sortir, et puis j'ai décidé d'élargir un peu le débat en faisant carrément le tour de tous les événements que je guette cette année, cinématographiques ou autres. Il y aura pas vraiment d'ordre, hein, je prends les trucs au fur et à mesure que je les trouve.

- Mais bon, on va commencer par ce morceau d'affiche qui, contrairement à ce qu'on pourrait penser, n'est pas l'affiche d'un film de Roland Emmerich. C'est Inception de Christopher Nolan, sans doute le film que j'attend le plus cette année. J'adore quasiment toujours ce que fait Nolan, mais mon film préféré de lui reste Memento, que je peux revoir (en montage ciné ou dans l'ordre) dès qu'on me le propose. J'adore la bande-annonce d'Inception, parce qu'on comprend rien à ce dont peut parler le film et qu'elle donne envie quand même. Il y a De Caprio, Michael Caine et Ellen "Juno" Page, et le film sort le 21 juillet.

- Ma séquence nostalgie, ce sera le Choc des Titans de Louis Leterrier, qui sort le 7 avril. Le vieux film avec les animations stop-motion de Ray Harryhausen avait bercé mon enfance, je kiffe la mythologie, et le film a une bonne gueule, même si la bande-annonce est l'exact opposé de celle d'Inception, du genre "prends-toi ça dans ta gueule" avec que des plans d'une demie-seconde pour inciter les gens à les décortiquer image par image. Je pense pas que ce sera le film du siècle, mais je le verrai.

- Bon, j'ai pas lu Kick-Ass. Mais je commence à être emballé par le buzz autour du film, même si c'est toujours un peu dangereux quand un film débarque avec trop d'attente. Il sort le 21 avril, le jour de mes 35 ans, donc c'est peut-être un signe. De quoi, je ne sais pas. Mais en tout cas, il s'annonce costaud, le mois d'avril.

- Ah, puisqu'on parle de moi, première digression non-cinématographique, j'attends avec impatience le passage de A Suivre à la télé. Pas vraiment pour me voir à la télé, ça je m'en fous un peu, voire même l'exposition me contrarie un peu (dit-il en tenant son blog), mais pour voir l'impact que ça peut avoir sur la carrière de la pièce, voir le montage qu'ils ont fait, tout ça. On avait eu pas mal d'idées marrantes pour transposer le côté "série" à la captation, j'attends de voir si elles ont été suivies jusqu'au bout. Ca fait très longtemps qu'une pièce du Café de la Gare n'est pas passé à la télé, ça prouve qu'on sort de notre coquille, c'est bien.

- Et puisqu'on parle de télé, deuxième digression : LE grand événement de l'année, c'est bien évidemment la dernière saison de Lost, qui commence début février. J'ai envie de me refaire toute la série pour l'occasion, mais je sais pas si je le fais avant d'attaquer la saison ou après. Sans doute après. Lost est d'ores et déjà dans mon panthéon des meilleures séries, la dernière saison décidera d'où elle se place effectivement pour la postérité.

- Allez, on revient au cinoche. J'ai pas encore vu The Wrestler, qui fait partie des quarante films qui se languissent sur mon étagère, mais je suis très très client d'Aronofsky et je trouve rigolo qu'il passe des catcheurs aux ballerines avec Black Swan, qui n'a pas encore de date de sortie. Merde, il y a Vincent Cassel, le salaud, il est toujours sur les bons plans !

- Bon, Iron Man 2, hein. 28 avril. 'Nuff Said !

- J'adore le look de la bande-annonce d'Alice au Pays des Merveilles de Tim Burton. Mais en fait, c'est tellement évident comme association que c'est étonnant qu'il ne l'ait pas fait avant. Ca, pour le coup, ça semble être le genre de truc à voir en 3D ! Sortie le 7 avril, merde, qu'est-ce qu'on va aller voir le reste de l'année ?

- Ah, dans le genre adaptation, j'ai été très surpris d'apprendre que Luc Besson adaptait Adèle Blanc-Sec, l'une de mes premières BDs un peu adultes, quand j'étais gosse. Je suis pas toujours fan de Besson, mais je ne suis pas braqué contre lui, et ce projet-là m'intéresse. Sortie le 14 avril. (Non mais sérieux...)

- Nouvelle digression, je suis accro à la série Final Fantasy en jeux vidéo... mais il faut bien dire que ça fait un moment que je n'ai pas eu le temps de m'atteler de façon sérieuse à finir une des aventures (le dernier opus au bout duquel je suis allé, je crois, c'est le 7). D'ailleurs, j'ai toujours pas fini Heroes of Might and Magic V (mon autre saga culte) et ça doit faire trois ans que le jeu est sorti, non ? Le seul jeu auquel je trouve le temps de jouer, en fait, c'est Magic Online, pour vous dire. Enfin bref, l'épisode 13 sort le 9 mars, et vu que c'est un mois tout cool pour moi (seulement sept représentations d'A Suivre et peu d'albums à traduire ce mois-là), je m'y replongerai peut-être, vu que c'est le premier épisode en HD.

- Predators est produit (pas réalisé, hélas) par Robert Rodriguez, et il a un casting assez alléchant. Ca sort le 28 juillet et j'espère que ça vaudra le coup. J'aimais bien les deux premiers.

- Michel Gondry dirigeant Seth Rogen pour l'adaptation ciné du Frelon Vert ? Miam !!! On parle du 15 décembre pour la sortie France.

- The Losers a de quoi faire un chouette film, assez classique mais efficace. L'équipe d'acteurs est intéressante et je suis très pour revoir Jeffrey Dean Morgan qui d'après moi bouffait l'écran dans Watchmen. Pas encore de date de sortie.

- J'ai découvert qu'Oliver Stone faisait une suite à Wall Street cette année, toujours avec Michael Douglas et Charlie Sheen. J'aurais jamais pensé à faire une suite à ce film, mais en fait, par les temps qui courent, c'est une évidence, non ? Sortie (tous en choeur) le 21 avril.

- Ah, et puis je vais regarder de très près de quelle façon est lancée la 3D en home-cinéma en 2010. Je compte d'ailleurs faire un petit résumé des infos que j'ai glanées ici et là dans les semaines qui viennent. Ce serait sympa qu'on n'ait pas à changer encore une fois tout notre matos, mais bon, je suis pas optimiste. Oh, et puis vu la programmation ciné de l'année, j'ai peur que la rentrée de septembre ne me coûte très cher en Blu-rays !

(Image copyright Warner)
Par Jérémy Manesse - Publié dans : Home-Cinema / Cinema
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Mercredi 23 décembre 2009 3 23 /12 /Déc /2009 15:00
avatar-wallpaper D'abord, je dois préciser que j'aime beaucoup ce que fait James Cameron. Comme tous les mecs qui cartonnent, il semble avoir généré une secte "d'antis" qui ne voient plus que des défauts dans ce qu'il fait, mais moi, j'adhère. J'adore la version longue d'Aliens, celle d'Abyss... J'ai trouvé en revanche que Terminator 2 avait pris un coup de vieux la dernière fois que je l'ai vu (le personnage d'Edward Furlong, surtout). Et je suis fan du Cameron scénariste autant que du Cameron réalisateur, vu que Strange Days fait partie de mes films archi-cultes.

Cela étant dit, je comptais voir Avatar, mais j'étais pas si pressé que ça. La bande-annonce ne m'avait pas spécialement transcendé, et je vais tellement peu au cinéma ces temps-ci que je pensais voir le film chez moi en blu-ray, et aller voir Max et les Maximonstres ou le Terry Gilliam au cinéma (que je n'ai pas encore vus, du coup).

Mais il se trouve que si j'ai eu cette réflexion, c'est parce que j'avais la curieuse certitude que les cinémas parisiens ne proposaient pas encore de vraie 3D. Oui, parce que, pour les novices, la 3D d'Avatar n'est pas la 3D des lunettes rouge-bleu de notre enfance. Les nouvelles lunettes 3D ressemblent un peu à des lunettes de soleil, et elles ont l'avantage de pouvoir se placer par dessus des lunettes de vue, un détail assez essentiel. Et puis bien sûr, l'effet est incomparable, comme je l'ai compris lundi quand nous sommes allés voir Avatar avec ma tite chérie.

La 3D est en train de se généraliser aux Etats-Unis. Un paquet de films proposent au moins une partie en 3D, les dessins animés l'utilisent à tout va... et il semble que Cameron attendait que la technologie soit au point pour revenir derrière la caméra. Et je pensais que comme pour tant de choses, on allait encore prendre quinze ans de retard en France, pour la simple et bête raison que les cinés UGC, pendant longtemps mon principal lieu de pélerinage cinématographique, ne proposaient aucune salle équipée 3D. Il s'avère qu'UGC s'est méchamment fait griller par Gaumont et MK2, qui ont senti que le vent soufflait dans ce sens-là. L'investissement est énorme, de ce que j'ai compris il faut 100 000 euros pour adapter une salle, mais j'ai idée que la sortie d'Avatar va rentabiliser l'investissement... et puis soyons clairs, les films de ce genre vont se multiplier. Les cinoches pourraient un peu plus communiquer dessus, par contre, il me semble.

Ma séance d'Avatar était donc ma première séance en 3D... et putain, quelle claque. Je suis persuadé qu'il y en aura pour dire que c'est moyen, que ça fait mal à la tête, que les lunettes sont trop sombres, que c'est gadget, vu l'époque blasée à laquelle on vit, mais vos gueules, vous avez tort. Qu'on aime ou pas le film (et j'ai aimé, au fait), c'est une expérience incroyable d'immersion qu'il faut vivre absolument. Par laquelle il faut se laisser émerveiller. Voir Avatar en 3D, et je pèse mes mots, c'est voir une nouvelle ère cinématographique s'ouvrir, comme lors du passage à la couleur, par exemple, ou lors de la sortie du premier Star Wars. Peu importe que le film soit bien ou pas, en fait. Dans cinq ans, cette technologie fera partie de notre quotidien et nos enfants auront l'impression qu'elle a toujours existé. Aujourd'hui, on peut encore se la prendre en pleine gueule, alors profitons-en.

(Ce qui me fait penser, digression totale, à ces images récentes du noir américain qui a passé plus de 30 ans en prison pour une erreur judiciaire, et à qui on passe sa mère au téléphone à sa sortie du tribunal. Le visage serein du type est alors parcouru de tout un tas d'émotions mélangées, l'explication étant que c'est la première fois de sa vie qu'il utilise un téléphone portable. J'ai trouvé cette image incroyable. Et avec tite chérie, on a un peu gardé le même genre d'expression tout au long d'Avatar.)

Pour entrer dans le détail : Oui, les lunettes assombrissent vachement. Mais la photo du film a été pensée en fonction, et c'est ce qui faisait sans doute que les bande-annonces avaient ce côté un peu trop coloré à mon goût. Sérieux, vu la somme d'informations qu'on se prend avec la 3D et le boulot demandé à l'oeil, il vaut mieux que la luminosité soit un peu atténuée, parce que c'est un coup à mourir de surcharge ophtalmique. Et oui, j'avais un peu mal au crâne en sortant de la salle, parce que 2 heures 40, quand même, et surtout parce que j'avais passé ces 2 heures 40 à essayer d'absorber le plus de détails possibles. Parce qu'à côté de ça, la réalisation de Cameron passe intelligemment de scènes d'action ou simplement actives (ou la caméra bouge, quoi) à des scènes beaucoup plus calmes, plus contemplatives, qui non seulement sont magnifiques, mais permettent à nos yeux de se reposer un peu. J'ai aussi adoré la nouvelle dimension que la 3D donne au sous-titrage, puisque le placement des sous-titres s'adapte tout le long du film pour respecter le relief. Les sous-titres ont un plan déterminé dans l'espace, quoi, ce qui les intègre parfaitement à l'univers 3D. C'est chouette, parce que c'était une des questions que je me posais en entrant dans la salle. Par contre, pour ceux qui ont effectivement besoin de lire les sous-titres, c'est encore ça de boulot en plus pour les yeux.

Et ce qui est formidable, je me répète, mais c'est ce sentiment d'immersion totale dans le film. Il est bien, le film. Le scénario est assez classique, c'est celui de Danse avec les Loups, en gros, mais en ce moment et surtout après l'échec pathétique de Copenhague, je suis archi-pour tous les films qui imposent clairement l'humanité comme le méchant de l'histoire. Cette vision des choses est de moins en moins caricaturale, et on est partis pour être collectivement, en tant qu'espèce, les grands criminels du 21ème siècle... alors c'est bien de l'affirmer, n'en déplaise aux hommes des cavernes du Tea Party.

Et ce message-là est d'autant plus puissant dans Avatar que la 3D nous immerge dans un monde qu'on accepte comme le nôtre. Le miracle de la 3D, c'est qu'il nous fait redécouvrir les plus vieux trucs du cinéma. Le moindre travelling devient un spectacle pour peu qu'il y ait une branche au premier plan qui menace de nous éborgner.

Si vous comptiez aller voir Avatar en 2D, franchement, ce serait dommage. La 3D va débarquer dans les home-cinemas en 2010, mais ça veut dire qu'il va encore falloir changer de télé, alors je sais pas combien de temps il va falloir pour que ce soit abordable. Ce "gadget" redonne un avantage énorme à la salle de cinéma en tant que lieu de divertissement, alors foncez. Nous, on est allés au MK2 Quai de Seine / Quai de Loire, qui a l'avantage de ne pas d'habitude être le lieu privilégié par les amateurs de blockbusters (pour l'instant). On l'aime bien, ce cinéma.

(Image Copyright Fox)
Par Jérémy Manesse - Publié dans : Home-Cinema / Cinema
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Lundi 24 août 2009 1 24 /08 /Août /2009 23:15
Je voulais poster quelques mises à jour sur ce blog en fin de semaine dernière, et puis il se trouve que ma migration Internet a eu lieu au même moment, me privant (enfin, c'est très relatif comme terme) de connexion pendant quelques jours. Etant maintenant "migré", je me suis dit que du coup, c'était l'occase de faire un point sur les nouveautés technologiques de par chez moi, dont je n'ai plus beaucoup parlé ces derniers mois.

Oui, quand je dis que j'étais "relativement" privé d'Internet, c'est qu'à côté, j'ai quand même un accès 3G par mon téléphone, un autre par celui de ma tite chérie et une clé 3G pour mon portable. Je devais même être capable de trouver un point Neuf pas loin pour me connecter en wi-fi. Et en disant ça, je me rappelle de nos premiers abonnements Internet limités à deux heures par mois avec une vitesse de connexion digne d'un Minitel, et je me dis que décidément, on va se sentir vieux encore plus vite que nos aînés. (D'autant qu'on aura Alzheimer bien plus tôt, avec toutes ces ondes qu'on se prend dans la gueule !)

Oui, j'ai donc quitté le navire Neuf (désormais SFR) pour profiter de l'offre Ideo de Bouygues Telecom. Pour ceux qu'ont pas suivi, ils proposent maintenant un forfait regroupant le forfait mobile et la box, à des tarifs qui non seulement défient toute concurrence, mais laissent toute concurrence à ramasser ses dents sur la ligne de départ (à moins que j'aie raté une offre incroyable ailleurs). En ce qui me concerne, je me retrouve avec un forfait 3H pour mon mobile (sms/mms/3G illimités) et la B-box pour 50 euros par mois. Pour l'équivalent, je payais jusque là 70 euros par mois, grand minimum. Neuf / SFR n'a donc pas grand-chose à voir là-dedans, même si je n'aime jamais beaucoup me faire racheter par une boîte au travers d'une autre boîte (ça m'a fait le même effet pour TPS / Canal Sat).
J'en profite pour signaler que les histoires de Numéro 1 de la Relation Clients de Bouygues, c'est pas du pipeau. Avec tous mes changements d'offre dans tous les sens, j'ai eu plusieurs fois affaire au Service Client, et j'ai à chaque fois été débordé par la serviabilité, la prévenance et les propositions commerciales (au bon sens du terme) de mon interlocuteur. Quand je repense à mes aventures avec Wanadoo il y a quelques années...
Point important aussi (et qui m'a un peu étonné) : ma connexion semble un peu plus rapide qu'auparavant, passant de 1,2 grand maxi (avant) à 1,5 Mégas (maintenant). Eh oui, j'habite à la campagne, hein. Ici, la fibre est au yaourt, pas optique (hum). Côté mobile, je suis chez Bouygues depuis leurs débuts, en fait, et je n'ai jamais éprouvé le besoin d'aller voir ailleurs...

Et puisqu'on parle de mobile, avouons que j'ai craqué cet été pour l'iPhonemania. J'ai chopé le 3GS à sa sortie, et avant que tout le monde ne demande : non, il ne m'a pas explosé à la gueule. Alors oui, il y a pas plus galvaudé et moins original comme geekerie, mais il y a pas, quoi, Apple, ils sont forts pour inventer des trucs qu'il faut absolument qu'on ait même quand on n'en a pas besoin.

Cela dit, c'est là où je me sens bien dans mes baskets, puisque je me sers bel et bien de la plupart des fonctions de mon iPhone. Avec mes déplacements, je trouve de plus en plus pratique de pouvoir recevoir mes mails n'importe où (et de pouvoir y répondre) ; Je vais souvent sur Internet consulter l'état des ventes de places pour "A Suivre" (entre autres) ; J'ai chopé l'application Navigon pour pouvoir utiliser l'iPhone comme GPS (fallait se réveiller plus vite, Tom Tom)... Bon, je joue à peu de jeux et j'ai téléchargé peu d'applications à part celles de Bouygues (la télé semble pour l'instant un peu aléatoire, mais l'appli pour connaitre l'état de ses communications est bien pratique), mais l'appareil me rend bien des services, et m'évite d'avoir un téléphone ET un appareil pour écouter ma musique. Bon, je me retrouve avec un iPod Touch à vendre, mais il y a gravé "Monsieur Ti-Chéri" au dos, je pense donc qu'il va me rester sur les bras.
Ah, on a aussi chopé un gadget vachement pratique pour ceux qui savent pas comment écouter leur iPod sur leur autoradio : C'est un truc qui se branche sur l'allume-cigare (et qui recharge donc l'appareil en même temps) et qui t'indique une fréquence radio. Si tu te règles sur celle-ci, t'as le son de ton iPhone, nickel. Ca marche très très bien.
Bon, pour les défenseurs de la diversité, sachez que pour son nouveau portable, tite chérie a choisi un modèle Androïd (l'OS de Google)... parce qu'en fait, tite chérie, elle est encore plus geek que moi (sérieux, elle est grave) et elle aime bien trifouiller ses jouets jusqu'à ce qu'ils marchent plus et qu'il faille tout réinstaller.

Ah, et puis j'ai upgradé mon eeePC, en passant au modèle 1008HA (tite chérie a récupéré mon ancien modèle). J'en suis trèèès content puisqu'il règle le problème de la capacité mémoire, il est un tout petit peu plus grand ce qui facilite la navigation, il tient plus longtemps avec sa batterie de base (non-amovible) et est donc plus léger que mon ancien modèle + batterie longue durée, et surtout (la raison qui a motivé mon achat), le clavier est absolument génial, avec des touches de la taille d'un clavier de vrai ordinateur portable. Je ne travaillais finalemement que peu avec mon ancien eeePC à cause des touches un peu petites, avec celui-ci, c'est un bonheur !

Bon, pour ceux qui se demandent à quand des news du planning Panini pour 2010, il y a une grosse réunion cette semaine qui devrait concrétiser une grande partie de celui-ci. J'ai évidemment vu les ébauches, mais je n'en parle évidemment pas tant que tout cela n'est pas devenu un peu plus sûr... Ce qui semble d'ores et déjà clair, c'est que je risque d'avoir un nouveau mois cauchemardesque avant la fin de l'année, avec pas moins de neuf titres kiosques ou librairie à traduire pour début décembre. Il faut vraiment que je prenne de l'avance ces deux prochains mois (dit-il comme tous les deux mois).

(Image Copyright Bouygues)
Par Jérémy Manesse - Publié dans : Home-Cinema / Cinema
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Lundi 27 juillet 2009 1 27 /07 /Juil /2009 12:22
Vous connaissez sûrement ça, il y a des films qui trainent parfois des années sur l'étagère en attendant qu'on les regarde, mais qu'on n'est jamais d'humeur à regarder. Par exemple, j'ai mis deux-trois ans avant d'enfin visionner American History X. On n'a pas toujours envie de proposer à sa tite chérie "eh, ma chérie, si on regardait l'histoire du pétrolier qui n'aime personne ? Ca dure deux heures et demie" ou "eh, ma chérie, si on regardait l'histoire de la juive qui est obligée de coucher avec les allemands pour venger sa famille ? Ca dure deux heures et demie". Il faut en général se faire violence pour voir ces films en "home-video", et c'est con parce que souvent il y a une raison pour laquelle on les a achetés, et c'est qu'ils sont a priori vachement bien.
Je recommande donc chaudement There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson et Black Book de Paul Verhoeven, deux excellents films, même si ma préférence personnelle va à Black Book. Je dois dire que je suis quasiment un inconditionnel de Verhoeven (il n'y a que la fin de l'Homme Sans Ombre que je trouve vraiment ratée), Robocop et Starship Troopers font partie de mes intouchables et je fais partie des trois qui étaient ressortis de Showgirls enthousiasmé par l'énergie du film. Dans la forme, c'est à ce film que Black Book fait le plus penser (l'héroïne qui n'a pas froid aux yeux et qui a intérêt si elle veut survivre dans un monde ultra-violent), même si le fond a ici évidemment plus d'épaisseur que dans Showgirls. Il y a très peu de réalisateurs qui arrivent aussi bien que Verhoeven a m'imprimer des images sur la rétine, et le souvenir de ces films me poursuit souvent longtemps après le visionnage.
A noter par ailleurs que si le sujet du film le classe forcément  dans la catégorie "est-ce que j'ai vraiment envie de regarder ça ce soir ?", il est constellé, comme tous les Verhoeven, d'un humour noir des plus réjouissants. Il y en a aussi un peu dans There Will Be Blood. Mais le film demeure pour l'essentiel assez glauque. À voir malgré tout dans le genre épopée tragique réussie, Daniel Day-Lewis y atteint des sommets de cruauté. C'est tout de même un des seuls acteurs qui a l'air de changer entièrement de visage entre chaque film. Difficile de retrouver le jeune héros d'Au Nom du Père sous les traits de ce pétrolier aigri et jusqu'au-boutiste.

Nous avons vu ces deux films en Blu-Ray, au fait, pour ceux qui se demanderaient ce que vient faire Hadopi dans mon titre. Pas de piratage chez moi pour ce qui concerne les films. Je ne suis d'ailleurs pas tranché sur la question dans un sens ou dans l'autre, ce qui devrait être le cas de tout le monde tant la question est complexe et ouvre le débat sur bien d'autres choses. Personnellement, j'ai toujours du mal à comprendre pourquoi on voudrait découvrir un film sur un écran d'ordinateur, mais j'ai aussi du mal à comprendre pourquoi on voudrait empêcher des gens qui paient la redevance de télécharger des séries. Je comprends que des créateurs aient les glandes, mais je pense aussi aux petits artistes qui se sont fait connaître grâce au téléchargement libre, et aux consommateurs qui ont raison de trouver ça odieux de faire payer plus de 2 euros un épisode de Fringe en VOD.

Rien de nouveau, donc, de mon côté, je ne suis pas foncièrement pour Hadopi, mais pas totalement contre non plus. Par contre, je voulais revenir sur la phrase qui m'a atterré dernièrement : "Je ne laisserai pas traîner dans le caniveau des pirates 'l'atmosphère, atmosphère' d'Arletty". J'ai vu beaucoup de gens s'indigner devant l'agressivité de Frédéric Miterrand envers les internautes lors de son allocution à l'assemblée, mais je n'ai pas vu grand-monde souligner à quel point il est à côté de la plaque en disant ça. Hadopi, c'est vraiment inventé pour empêcher les gens de télécharger Hôtel du Nord ? Ca devrait pas être plutôt encouragé, ça ? Le jour où les gens préfèreront télécharger Hôtel du Nord que Transformers 2, ce sera plutôt une bonne nouvelle pour tout le monde, non ? Est-ce qu'on pourra un jour avoir un ministre de la culture qui ne sorte pas directement de la cour de Louis XIV ?

J'écris ces lignes dans le train pour Avignon, où je passe la semaine à l'occasion de la fin du Festival. C'est mon premier article posté depuis le train et si c'est pas un événement, je sais pas ce que c'est. A très vite, en tout cas !

(Image Copyrighy Sony Classics)
Par Jérémy Manesse - Publié dans : Home-Cinema / Cinema
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Mercredi 11 mars 2009 3 11 /03 /Mars /2009 16:51
Aaah, les adaptations de romans. C'est un peu l'équivalent cinématographique d'une guerre nucléaire : on a beau essayer de viser le plus juste possible, on ne peut jamais vraiment gagner parce que le type en face a déjà le doigt sur le bouton en attendant que vous lâchiez votre bombe. Oui, c'est un peu pourri comme comparaison. Mais c'est moi qu'écris.

Oui, je parle ici d'adaptation de roman, parce qu'en ce qui concerne Alan Moore, le défi d'une adaptation est le même que pour un roman. Une adaptation normale de comics de super-héros est de fait une condensation, une réinvention de l'oeuvre, puisque personne n'ira imaginer que le premier film Spider-Man va compiler quarante ans d'aventures, ni se contenter de raconter le premier épisode en une heure et demie. Pour un roman, il y a toujours l'espoir fou (et irréaliste, d'ailleurs) que la totalité de l'oeuvre puisse être condensée en un film, en conservant tous les thèmes et toutes les nuances. Mais ça, vraiment, c'est pas possible.

Et même pour ce qui est de la fidélité à l'oeuvre, c'est quelque chose que je trouve très surévalué. Shining est une trahison de Stephen King mais c'est un des films les plus terrifiants qui soient, La Planète des Singes n'a pas la même fin que le bouquin de Boulle est pourtant dieu sait qu'elle est devenue mythique, et j'ai adoré Slumdog Millionaire, dont on me dit que c'est une pantalonnade comparé au bouquin... je suis de ceux qui essaient de prendre l'oeuvre cinématographique en tant que telle, en essayant du mieux que je peux de me débarrasser du bagage de mes préjugés. Ce qui n'est pas toujours facile, hein. Mais pour moi, un film doit être jugé sur ses propres mérites, ses propres défauts. Après on peut discuter du côté adaptation, mais après. D'abord, laisse-moi regarder le film.

Mais pour un truc comme Watchmen, ça m'a toujours paru complètement inconcevable que le film couvre la totalité de ce qui se passe dans le bouquin, qu'il puisse conserver le nombre ahurissant de couches, de niveaux de lecture, de sous-textes que propose l'oeuvre. Tout ce que j'espérais, c'est que ce soit un bon polar avec des super-héros psychopathes dedans, que le film propose une autre vision des super-héros, qui montre à monsieur tout-le-monde ce qu'on peut faire d'autre avec ce genre là. Qu'il respecte la vision au premier degré que peut avoir un lecteur lambda du Watchmen d'Alan Moore s'il se farcit tout d'un coup et n'a pas de connaissance super-héroïque. Dit comme ça, ça simplifie quand même vachement l'équation. Watchmen est le premier comic que j'ai fait lire à ma chérie (oui, j'y ai peut-être été un peu fort sur ce coup là) et il a fallu qu'elle s'accroche, je n'imagine pas ce que ça aurait été si je lui avais demandé de tout lire d'un trait. Et ça n'aurait pas eu beaucoup d'intérêt.

Je passe un peu trop de temps sur ce préambule, parce que le côté monomaniaque de certains fans des oeuvres adaptées me gonfle un peu. J'en avais un peu plein le cul d'entendre parler de l'absence de "squid" avant la sortie du film, par exemple. Et à peu près trois minutes après le début du film, quand on voit (tout petit spoiler) le Comédien abattre Kennedy (fin du tout petit spoiler), j'ai entendu un type trois sièges à côté de moi se précipiter sur son voisin pour dire "c'était dans la BD, ça ?". Tellement vite que je suis intimement persuadé que le type était déjà au courant que ce passage existait, et qu'il était prêt à se jeter goulûment dans la brêche, sabre au clair. Le doigt sur le bouton, je vous dis. J'ai vite occulté le côté droit de mon champ auditif, donc, pour me concentrer sur l'écran devant moi. C'est un peu comme ces tarés qui vont voir une adaptation de Phèdre le texte original à la main, qui suivent au fur et à mesure et qui émettent de petits "pff" exaspérés dès que le texte s'écarte de la version originelle. Alors qu'on a parlé dès le départ d'adaptation.

Bon, histoire d'avancer un peu, tout ça pour dire que j'espérais juste que ce soit un bon film qui conserve certains des thèmes du comic-book. Comme V pour Vendetta, par exemple, que j'ai vachement aimé, ou même From Hell, que j'ai trouvé pas mal. Pas comme la Ligue des Gentlemen Extraordinaires, à qui j'avais envie de mettre des baffes.

J'ai eu vachement mieux que ça.

En plus, j'étais pas spécialement chaud que ce soit Zach Snyder aux commandes.  Le type m'est toujours apparu en interview comme un hype-man surcoké et un peu prétentieux, j'ai pas vu l'Armée des Morts qui traine sur mon étagère depuis deux ans, et 300, comme je l'ai dit ici il n'y a pas très longtemps, m'avait agacé par son excès de testostérone. Ce dont je me disais que ça tenait beaucoup à l'oeuvre originelle, mais bon.

Il y a des trucs dans Watchmen qui m'ont vraiment, vraiment scotché. Le Comédien et Rorschach, superbes. La réalisation en général (moins quelques points sur lesquels je reviendrai) et sa finesse, sa poésie parfois, surtout comparé à 300. La structure vraiment similaire au bouquin, alors que j'imaginais mal le côté "chapitres", avec à chaque fois un focus sur un personnage, fonctionner en film (Les deux heures quarante filent à toute blinde, d'ailleurs). Surtout, ce qui m'a mis sur le cul, c'est effectivement tout ce qui est resté du bouquin de violent, de sombre, de glauque, de drôle, de psychédélique, de complètement anti-commercial.

Et c'est là où je veux en venir : ce truc est un suicide commercial. J'ai du mal à concevoir que Warner ait accepté de mettre 150 millions de dollars dans un truc sans vedettes, aussi adulte dans la forme (sans parler du fond), aussi long et autant dénué d'action. Et je les applaudis des deux mains pour avoir eu les couilles d'aller jusqu'au bout du truc.

Bon, c'est là que les puristes vont intervenir pour dire que non, ils ne sont pas allés au bout du truc, et c'est vrai que c'est sur la fin qu'il y a les plus gros changements. Mais encore une fois, j'ai occulté la version comics de mon cerveau en regardant le film et j'ai pris le film tel qu'il était, et je l'ai apprécié jusqu'au bout. Oui, il y a des trucs que je regrette par rapport à la fin, d'autant qu'ils n'étaient pas hors d'atteinte tant tout le reste était bien joué. En essayant de ne pas spoiler, je regrette qu'on ne voie pas plus précisément les résultats du "plan final" (alors que le reste du film rechignait si peu à être gore), je regrette que les personnages soient moins antipathiques dans la dernière scène qu'ils ne l'étaient dans le bouquin, je regrette que le dernier plan ne soit pas plus ambigü (dans le livre, j'avais un vrai doute quant à savoir quel courrier allait choisir le gros au smiley), je regrette que le dernier échange entre Ozy et Manhattan ne ressemble pas plus au bouquin. Alors que tout ça était possible. Mais je trouve malgré tout que la fin fonctionne, si du moins on ne surintellectualise pas la chose en fouillant le dernier chapitre du bouquin pour en sortir toutes les thématiques. Puisqu'on en est dans les critiques, j'ai moins aimé les scènes d'action, où on retrouve la réalisation un peu ostentatoire de 300, le côté post-Matrix. A peu près toutes ces scènes-là sont dans la bande-annonce, cela dit. Et puis j'aurais pu faire sans les quelques clins d'oeil de Snyder pour dire "oui, c'est moi qu'ai fait 300" (genre le gros plan sur la porte de la chambre au début). Le gars se la pète quand même un peu. Mais ça n'a certainement pas suffi à m'empêcher de kiffer.

Et puis franchement, s'il y en avait qui pensaient que le film serait en l'état aussi fidèle à l'oeuvre de Moore avant sa sortie, je leur tire mon chapeau. Parce que perso, je m'attendais à beaucoup, beaucoup plus d'édulcorations.

Non, vraiment, je suis content, et j'attends de voir ce qu'apportera la version longue avec impatience. Ma chérie, elle, a mieux compris l'ensemble cette fois-ci, et a d'une manière générale préféré le film, plus accessible. Elle a elle aussi été scotchée par les performances du Comédien et de Rorschach, mais pense aussi qu'elle maîtrise davantage les codes du genre que quand je lui ai fait bouffer l'ouvrage il y a quelques années. Perso, je m'y replongerai sans doute bientôt (dans le livre), tout de même... car j'ai bien pris garde, comme d'habitude quand il s'agit d'adaptations, que le souvenir du livre soit le plus flou possible avant de voir le film.

(Image Copyright Vichniniuk)
Par Jérémy Manesse - Publié dans : Home-Cinema / Cinema
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Samedi 14 février 2009 6 14 /02 /Fév /2009 11:42
Hé, je suis allé voir des films ! Vraiment ! Au cinéma ! Pour ceux qui ne suivent pas forcément ce blog de façon assidue, depuis que je vis à la campagne, j'ai tendance à découvrir les films six mois après tout le monde, quand ils sortent en Blu-Ray. Mais là, il y a quand même une belle flopée de choses intéressantes qui sortent, et on s'est donc remis à sortir avec tite chérie, même si elle est pas fan de l'UGC. Il y a encore beaucoup de choses que je veux voir : Benjamin Button, Valkyrie, the Wrestler... pas mal de films pour lesquels j'espère beaucoup. Mais en attendant, nous avons été complètement conquis par les deux films que nous avons déjà vu.

J'ai commencé à être intrigué par Slumdog Millionaire quand je l'ai vu apparaître tout en haut de pas mal de Top 10 de l'année 2008 de cinéphiles américains que j'apprécie. Ca faisait un moment que je n'avais pas vu un Danny Boyle qui m'ait vraiment scotché, voilà ce qui est je pense son meilleur film. Un magnifique conte de fée réaliste (un exercice jamais évident à réussir), Slumdog est aussi, sans doute, l'un des meilleurs films que j'aie vu depuis un an.
Oui, alors, c'est là que je me calme un peu, parce que je sais l'effet que peut avoir la survente d'un film. Si vous n'avez pas encore vu Slumdog, allez-y, et allez-y vite, avant que vous n'ayez trop entendu que c'était un film génial. Parce que c'est évidemment le moyen d'être déçu. Nous, on l'a vu il y a deux semaines, on n'en avait que peu entendu parler et j'avais même oublié de quoi ça parle au moment où le film a commencé.
Scénario, dialogues, construction, réalisation, le film cartonne à tous les niveaux. Je n'aurai qu'un chipotage : j'aurais personnellement arrêté le film cinq minutes plus tôt. En gardant bien évidemment la jouissive choré Bollywood du générique de fin, mais en arrêtant le film précisément au moment où la tension est la plus grande, parce qu'après cela le film sacrifie à des considérations bien occidentales, et en tout cas à des lieues de celles du personnage principal du film. Oh, et puis, je case ma tirade habituelle sur les traductions de titre : "Le Millionnaire des Bidonvilles", c'était si moche comme titre ? Traduire "the Wrestler" par "le Catcheur", c'était trop compliqué ? J'ai des potes qui parlent plutôt bien anglais et qui ne savent pas ce que veut dire "Wrestler". J'ai l'impression qu'il y a une dérive je-m'en-foutiste, sur ce plan là, ces temps-ci...
A voir absolument en tout cas, comme on dit sur les affiches.

Et puis il faut voir aussi absolument le nouveau film de Maïwenn. C'est rigolo, ma critique de son précédent film était un des premiers articles de ce blog (ouh la la, ça file) : nous avons vu Le Bal des Actrices hier soir, et j'aime de plus en plus ce qu'elle fait. Maïwenn est mine de rien en train de devenir maître d'un style de film pas du tout évident à réaliser, où la réalité cotoie la fiction et où l'impro cotoie la situation scénarisée... Du Lelouch, un peu, mais avec le sens du rythme et un humour omniprésent, même dans les scènes les plus sombres. Toutes les comédiennes sont extraordinaires (avec un tout petit bémol sur Julie Depardieu, que j'adore en général mais dont je trouve ici que c'est la seule pour laquelle il est évident qu'elle joue un personnage) et Joey Starr est incroyable. Je suis particulièrement ravi qu'elle ait consacré une partie du film à "l'actrice qui bosse pas", avec Karole Rocher qui est formidable... tite chérie, elle, a eu un faible pour la "section" de Balibar ("C'est moi qui parle !"). Et pis j'attend le Blu-Ray, parce qu'il doit y avoir un matos de folie pour les bonus. Le dérushage a dû durer huit ans, par exemple.
Ce qui est rigolo, aussi, c'est qu'au fur et à mesure de son oeuvre, Maï crée un univers dont elle est l'héroïne, un genre d'autobiographie plus ou moins fictive qui pourrait donner quelque chose de vraiment original quand on en fera l'intégrale, plus tard. Dans un tout autre genre, elle est en train d'imposer un nouveau personnage à la "Charlot" ou à la Pierre Richard (ou même à la "Martine", tiens !), une héroïné récurrente dont j'attends avec impatience la prochaine "aventure".

Je suis ravi de mes deux sorties cinoches, en tout cas. Deux très, très bons films.

(Image Copyright Films du Kiosque)

Par Jérémy Manesse - Publié dans : Home-Cinema / Cinema
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